Live Report

MINISTRY - 3TEETH - La Machine Du Moulin Rouge - 7/7/2019

 
Dimanche 7 juillet c'était une belle affiche indus que nous avait concoctée Garmonbozia à la Machine du Moulin Rouge : le groupe culte Ministry, et en première 3Teeth.

Le concert a parfaitement respecté les horaires du running order du début à la fin, et à 19h30 précises j'ai pu découvrir 3Teeth, un groupe de Los Angeles que je ne connaissais même pas de nom, et qui m'a tout de suite embarquée dans son univers. Quintette classique chant, guitare, clavier, basse et batterie, pour un résultat très satisfaisant, en alliant rythme martial, mélodies accrocheuses, chant et mouvements de danse langoureux du frontman Alexis Mincolla au look a priori improbable entre Günther, Action Man et un personnage de Kung Fury, mais au final très charismatique dès qu'il se mettait à bouger. L'ambiance lumineuse était très TRÈS tamisée, autant c'était plutôt appréciable pour se laisser porter par le concert et onduler du bassin en fermant les yeux, autant pour prendre des photos c'était une autre histoire... Après s'être fait apporter de la vodka, les membres du groupe ont demandé que la lumière soit baissée, puis carrément éteinte ; pas banal. Le bassiste était à peu près méconnaissable derrière une capuche en résille zippée sur le devant, dont il ne s'est séparé qu'après les 3 premiers morceaux. Tous les musiciens étaient bons, par exemple le guitariste qui avait une énergie qui faisait plaisir à voir et un jeu de scène assorti, mais c'est vraiment Alexis, le chanteur, qui possédait l'espace et jouait avec sa voix comme avec son corps de façon tantôt sensuelle tantôt affirmée. Après 45 minutes et 8 morceaux, dont 5 issus de l'album "Shutdown.exe", j'aurais bien repris la même dose de 3Teeth, une excellente découverte pour moi !

Setlist : Divine Weapon / EXXXIT / American Landfill / Slavegod / Atrophy / Pit of Fire / Tabula Umbra / Master of Decay

La salle s'est bien remplie lorsqu'à 20h45 les membres de Ministry arrivent un par un sur scène, acclamés par le public, pendant que l'enregistrement "I know words" retentit et que des images de Trump défilent sur l'écran géant. Pic de hurlements évidemment au moment où Al Jourgensen fait son entrée, et rejoint son pied de micro gigantesque orné d'un crâne d'oiseau et d'ailes, qui lui cachera le visage une bonne partie du concert. Visage qui est d'ailleurs étonnamment sobre, sans son maquillage "tribal" caractéristique. Le concert démarre avec aussi peu de lumière que pour 3Teeth, les musiciens se devinent plus qu'ils ne sont visibles, dans du bleu, rouge ou vert uniforme selon les moments - décidément la Machine avait une dent contre les photographes ce soir ! Le mythique groupe d'indus de Chicago avait opté pour une setlist en grande partie dédiée à l'album "Amerikkkant", puisque les 6 premiers titres en étaient extraits. Après un deuxième sample, "TV5/4Chan" Al a hurlé à la foule un "Fuck you Marine Le Pen !" qui a eu beaucoup de succès. Après quelques morceaux le concert était devenu invivable devant, puisque quelques fans bien allumés avaient décidé de faire de ce set leur défouloir, au point de donner de vrais coups de poing pendant les pogos, d'empoigner les objectifs d'appareil qu'ils voyaient passer... Après m'être pris plusieurs coups dans la tête et avoir été poussée violemment dans la scène alors que c'était visible que je tenais un appareil photo, j'ai préféré opter pour plus de sécurité et aller regarder la suite du concert en prenant un peu de hauteur. Sans être mauvais, le concert n'était pas particulièrement mémorable pour moi, dans le sens où les titres pleins de hurlements, d'hymnes militaires, d'extraits vidéo se sont enchaînés sans qu'un moment ne retienne plus mon attention qu'un autre. En fait au bout de quelques titres j'ai trouvé l'ensemble assure répétitif - ce qui peut être le problème avec de l'indus. Les effets visuels étaient sympa sans être surprenants, chaque musicien faisait sa part sans que les interactions des différents membres du groupe ne soient très intéressantes...

La deuxième partie de la setlist faisait la part belle à des classiques fort attendus de la foule, extraits des albums "Psalm 69 : The Way to succeed and the way to suck eggs" et "The Land of Rape and Honey" majoritairement. Le rappel fut la reprise de "No Devotion" de l'autre projet d'Al Jourgensen, Revolting Cocks.
Pour conclure je dirais que le concert était relativement répétitif pour moi qui ne suis pas assez connaisseuse de Ministry pour l'apprécier complètement, mais qu'il a eu l'air de satisfaire pleinement ceux qui connaissaient leur discographie sur le bouton des doigts.

Setlist : I know words / Twilight Zones / Victims of a clown / TV5/4Chan / Wargasm / Antifa / Game Over / AmeriKKKa / The Missing / Deity / Stigmata / Jesus built my Hotrod / Just one fix / N.W.O. / Thieves
Rappel : No Devotion (reprise de Revolting Cocks)
 
Critique : Elise Diederich
Date : 7/7/2019
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