Live Report

LEPROUS - Cabaret Sauvage - Paris - 12/11/2019

 
On est heureux de retrouver ce soir-là le Cabaret Sauvage dont on découvre après de longs mois de travaux le nouvel aménagement. Celui-ci s’avère superbe. La salle a désormais l’allure d’un splendide vaisseau spatial. Pas à dire, ça jette.
Les Suédois de Port Noir ouvrent les hostilités dans une salle encore clairsemée et c’est bien dommage car leur set s’avère on ne peut plus convaincant. Le groupe délivre une sorte d’alternative rock mais bien plus complexe que ne l’est ce genre en général. Il possède un vrai univers et leur musique s’avère on ne peut plus originale. Une belle entrée en matière pour la soirée.

Les Allemands de The Ocean qui suivent ont développé depuis 2001 un post-metal très intéressant. Leur musique reste encore aujourd’hui ce mélange de progressive, sludge et post-harcore qui a fait leur renommée. The Ocean sait parfaitement manier les atmosphères et passe avec la plus grande facilité d’un passage chant growlé et guitares agressives à un autre plus lent et atmosphérique. Cinquante minutes d’un metal de grande qualité pour un groupe qui près de vingt ans après ses débuts reste toujours aussi novateur.

Le dernier album de Leprous les a vus s'éloigner sans doute définitivement du metal pour offrir une musique influncée tant par la pop qu’une certaine forme de trip/hop. Ce virage a cent quatre-vingt degrés a sans doute décontenancé leurs fans de base mais le public metal ne les pas pour autant abandonné car il constitue 90% de l'affluence du soir.
Les Norvégiens axent évidemment l'essentiel de leur set sur des titres du dernier opus « Pitfalls ». Le début du show avec « Below », « I lose Hope », « Illuminate » et « From The Flame » les voit clairement s'installer musicalement dans la mouvance Radiohead/ Depeche Mode avec un accent porté sur les synthés. La voix d’Einar Solberg est superbe, lyrique à souhait. Il semble d’humeur badine s’amusant avec la salle en disant au public qu’il s’agit de la toute première tournée du groupe durant laquelle il s’adresse à l’assistance.
Au fur et à mesure que le show avance on se rend compte que si Leprous a perdu son côté metal, il n'a en revanche rien perdu du côté mélancolique et ténébreux de sa musique. On se laisse porter tout au long du concert par ces titres d’une grande beauté à la mélancolie poignante.

Le set se poursuit et l’on se rend compte que les norvégiens sonnent de plus en plus comme Muse. On se dit alors que les stades seront sans doute pour bientôt au rendez -vous.
Si le groupe joue essentiellement des titres de « Pitfalls », il n'oublie cependant pas de nous offrir également certains de ses classiques. L'enchaînement superbe de « The Price » et de « Third Law », tirés de « The Congregation » fait ainsi se soulever la foule.

Le groupe tire sa révérence sur un autre titre titré de son dernier album, « Distant Bells » avant de revenir pour un « The Sky is Red » splendide. Ce titre de dix minutes qui conclut « Pitfalls » est un véritable chef d'oeuvre, un morceau grandiose et complexe qui s’étale sur plus de dix minutes. La version qu'en donne le groupe ce soir-là est splendide se terminant par une montée impressionnante de guitares et de claviers qui donne des frissons, pour un coda vertigineux.

Un très beau concert pour un groupe qui a su se renouveler sans se trahir.

SET LIST LEPROUS

Below
I lose Hope
Illuminate
Foe
From The Flame
Observe The Train
Alleviate
At the Bottom
The Cloak
The Price
Third Law
Salt
Distant Bells
The Sky Is red
 
Critique : Pierre Arnaud
Date : 12/11/2019
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