Live Report

BABYMETAL - Elysée Montmartre - 9/2/2020

 
Pour ceux qui ont suivi , ma pérégrination se termine en ce dimanche venteux. L'obscur ciel menaçant et le vent rageur auraient tout aussi bien pu être un cyclone, rien n'aurait pu m’empêcher d'assister à l’événement de ce soir.
Malgré les quolibets et l'indignation générale dont il est la cible, BABYMETAL compte bien affirmer sa légitimité dans cet Elysée Montmartre qui affiche depuis longtemps complet.
Pour nos lecteurs assidus, vous connaissez mon amour pour ce groupe, c'est pourquoi je suis non pas sur un nuage mais quelque part entre la stratosphère et la mésosphère.
Je suis, comme l'âne de Buridan, non pas en plein paradoxe mais de façon relativement semblable coincé entre deux émotions. L'excitation certes est évidente mais la peur est bien là car en effet j'ai réussi à obtenir le Saint Graal : une accréditation photo.

Une fois à l'intérieur, pas de temps à perdre. Je passe donc par la case merchandising avant de prendre place sur le côté de la scène où le manager nous explique les consignes pour les photos. Fort sympathique et compréhensif, il nous rassure quant à nos inquiétudes. Je commence à souffler un peu.
En guise d'amuse-bouche c'est SKYND qui va occuper la scène en vue de nous offrir un spectacle son et lumière psychédelico-electro-drum & bass. Loin du style que j'écoute il faut tout de même avouer que visuellement le show a une légitimité indéniable qui colle à l'esprit BabyMetal par son originalité.
La chanteuse, maquillée de façon effrayante aura sa voix constamment modulée ce qui rend la prestation étrange, dérangeante, d'autant qu'elle sera secondée par un bassiste et un batteur affublés de masques. Pour sûr chers amis, il y avait une ambiance, pesante, malsaine, mais il y avait quelque chose.

Trente minutes. 1800 secondes. Ça n'a l'air de rien mais dans une attente telle que la mienne, cela vous semble une éternité. Une de mes inquiétude ne manquera pas de profiter de cet interstice de mon existence pour me murmurer ceci : « Et si c'était mauvais en live ». L'horreur. Je ne veux pas y croire, ni en effleurer la pensée, je la chasse comme une mouche trop insistante et pourtant le risque est là ; si j'en juge certains échos reçus des détracteurs. Mais qu'y connaissent-ils au final ? Rien, alors oublions cela. Je me rends vraiment compte qu’apprendre à positiver ne me ferait pas de mal

Après extinction des lumières, « FUTURE METAL » se fait entendre, avec un visuel SF diffusé sur un écran géant. Le Kami Band arrive, le trio suit. SU-METAL et MOA-METAL sont accompagnées (et le seront tout le long du set) par leur Avenger : Riho.
Malgré la folie extrême qui m’habite à ce moment là, je reste concentré sur mon objectif : faire les meilleurs clichés possible. Ce qui ne m’empêche pas d'observer, et j'ai ainsi, durant mes trois titres que sont « DA DA DANCE », « Gimme Chocolate » et « Shanti Shanti Shanti » (ô divines lumières, quelles couleurs sur scène), constaté deux éléments importants :
Tout d'abord, quoi que les mauvais parleurs disent : il n'y a à aucun moment du playback. Certes les orchestrations, les guests passent en bande MAIS le trio central quant à lui chante avec ferveur chaque note et le Kami Band assure un set musicalement impeccable.
Deuxième élément et pas des moindres : les filles s'amusent. Elles dansent comme de jeunes amies à une fête de village un soir d'été. Un sourire sincère chargé de jeux et d'innocence. Elles n'hésiteront pas à faire quelques grimaces entre elles ou à l'encontre du public. Ce plaisir de faire ce qu'elles font, associé à un professionnalisme hors pair sont autant de bonnes ondes qui apaisent mes craintes.
SU-METAL nous fera même le plaisir de nous offrir quelques mots en français, j'ai fondu. J'ai ri aussi, quand Joakim Broden est apparu sur écran pour sa partie de « Oh ! MAJINAI ». Il était là sur Paris quelques jours avant, cela aurait été parfait qu'il arrive sur scène, mais je vis déjà un rêve, ne soyons pas gourmand.

Contre toute attente le groupe m'a offert le très lourd et excellent « BxMxC » qui n’apparaît que sur l'édition nippone en qualité de bonus.
Le set se déroule dans une ambiance parfaite. Comme expliqué plus haut, les filles se régalent sur scène, le public saute, chante chaque parole dans un chœur déchaîné (qui atteindra son apothéose pendant « Road of Resistance » et « Megitsune ») et circle pit dans une excitation maîtrisée. Aucun débordement, aucune violence, un moment de partage symbiotique que j'ai rarement observé sur un concert, et dieu sait que j'en ai à mon actif.

Le son, excellent, me permet de profiter pleinement de la musique, et c'est ce qui m'a aidé à confirmer que le groupe ne fait absolument pas de playback. Pour agrémenter mon rêve éveillé je décide de me délecter de ce fameux breuvage à base de houblon que l'on trouve un peu partout et dont la fraîcheur est des plus appréciable à ce stade de la soirée.
Et c'est en pleine euphorie et joie, en sautant, chantant, faisant du air-guitar, oubliant mes malheurs et mes angoisses que je me rends compte qu'après treize titres (si on compte l'introduction) le concert se termine après seulement une heure. Ô damnation, ô cruelle frustration ! Qu'avez vous fait de mon « Uki Uki Midnight », de mon « Brand New Day » ou mon « Iine ! » ? Mais c'est compréhensible. Savoir abdiquer est parfois une force et c’est cette force que je livre en ce moment. Les filles dansent et chantent sans temps mort pendant une heure. Pas de pauses entre les morceaux, et vu la qualité de la prestation, je comprend qu'une heure soit suffisante.
J’échange donc ma frustration, brute, contre un respect cérémonieux, un hommage en quelque sorte que je rend à ce groupe venu de l’autre bout du monde.

Je vous mentirais si je vous disais que j'aurais pu profiter d'avantage si j'avais eu connaissance de ce fait. Mais cela serait un énorme mensonge. J'ai profité comme rarement. Les rares occasions où j'ai ressenti cette adrénaline, cette folie et rage incontrôlable, cet abandon de soi, étaient si peu nombreux que je les compte sur les doigts d'une main.
Et oui, BabyMetal a confirmé qu'ils sont excellents, autant en studio qu'en live, et que son public est là en soutien.
J'ai hâte de revivre cela au Hellfest, mais je sais que ça ne sera pas pareil. En salle, avec toutes ces couleurs et la proximité, cela n'a pas de prix, et c'est un rêve non pas touché du doigt mais étreint avec ferveur.

Merci à Lionel, Sabrina et Veryshow pour leur soutien et leur confiance dans cette expérience inoubliable. Merci du fond du cœur.

Setlist BABYMETAL :

1. FUTURE METAL
2. DA DA DANCE
3. Gimme Chocolate !
4. Shanti Shanti Shanti
5. BxMxC
6. Kami Band Solo + Kagerou
7. Oh ! MAJINAI !
8. Megitsune
9. PA PA YA !!
10. Distorsion
11. KARATE !
12. Headbangeeeeeerrrr !!!
13. Road Of Resistance
 
Critique : SBM
Date : 9/2/2020
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