Live Report

THE LAST INTERNATIONALE - 1999 CLUB - Paris - 25/2/2020

 
Je vais voir pour la deuxième fois de ma vie un groupe qui m’avait laissé un bon souvenir, mais assez court, en 2015, lors de leur première partie des Who au Zenith à savoir : The Last Internationale. Groupe chouchou de Tom Morello qui leur a produit leur album, permis de recruter Brad Wilkes (RATM) pour leur premier disque et qui ont réussi a convaincre Joey Castillo (ex QOTSA entre autres) de tenir les fûts pour le second skeud. Bref je m’achemine vers le club 1999 en me disant que les murs risquent d’être petits pour la formation new yorkaise.

Et en effet c’est petit, même pour les Parisiens de the Blind Suns qui assurent la première partie dans une salle blindée et ravie. Il faut avouer que dans le genre garage surf survolté ils sont très bons, en trio sans bassiste avec un batteur debout ils ont juste ce qu’il faut d’adolescence pour être frais et ce qu’il faut de maturité pour qu’un genre qui commence a être vieux comme les Cramps ait le bon son. Seul souci ? Ils nous assènent une reprise d’un standard du garage (dont on se contrefout, on a tous le disque original à la maison) qui fait que je n’ai aucun souvenir de leurs titres à eux vue que le truc en question m’a trotté dans la tête pendant toute leur fin de set… C’est un peu comme inviter la reine d’Angleterre à un congrès de maires dans le Poitou, même si tu as envie de t’intéresser aux locaux, la dimension fait que… Ils se sont tiré une grosse balle dans le pied, leur set est bon, juste les grands monstres quand t’es tout petit et que tu as un répertoire à défendre c’est une fausse bonne idée. Dans la salle Brisa Roché est venue les soutenir eux, et elle a raison, affaire à suivre.

Mais les choses prennent un étage de plus quand arrivent enfin les têtes d’affiche. Delila d’abord, basse et chant commence seule, en mode envoûtant, quelque part dans un mélange d’Ella Fitzgerald, de Patty Smith et de gospel qui restera le fil conducteur de la soirée. Ensuite Edgey, guitariste qui ressemble à une synthèse entre Ramones et Muddy Waters avec un jeu de scène aussi simple qu’efficace. Malgré le fait qu’il n’a qu’un mètre carré pour évoluer, il semble monté sur ressorts et passera le concert à rebondir passant parfois très près du plafond. Aux fûts, vu les batteurs qui se sont succédé sur les deux albums il fallait forcément un poids lourd et c’est Ion de Shaka Ponk qui s’y colle. S’adaptant au lieu il cogne moins que ses deux illustres prédécesseurs l’auraient certainement fait, envoyant juste ce qu’il faut, faisant groover ça de façon sûrement un peu plus disco que ce que l’origine impliquait, mais ça marche et ça laisse le duo explosif totalement libre de faire ce qu’ils font le mieux : de la musique avec leurs tripes. Steve (de Shaka Ponk aussi) viendra faire un petit guest au piano, laissant à Delila le loisir de bouger (elle finira sur le bar à chanter après avoir traversé la foule compacte et hypnotisée).

Dans l’ensemble je dirai que j’ai rarement vu un concert aussi intense dans un club. Ils ont joué plus grand, se connaissent par cœur et avaient une rythmique additionnelle qui sait tout faire, ça c’est pour la base. Ensuite je me suis demandé ce que je foutais là (ligne éditoriale oblige). C’est pas du Metal me direz-vous. En fait si. Au sens où Led Zeppelin est du « Metal » et que ça n’empêche ni Gallows Pole, ni Since I’v Been Loving You d’être dans leur répertoire… The Last Internationale est un groupe punk et hardcore dans l’attitude, blues dans le feeling et Gospell dans l’intensité, avec ce fond de revendication qui fait qu’un membre de RATM les a adoptés depuis plus de 5 ans. C’est du Metal ! Peut-être pas de l’acier, plutôt un mélange d’or et de Scandium, un truc hybride étrange, fragile et précieux, une espèce de platine un peu crado en fait, un truc rare en tout cas.
 
Critique : Lionel
Date : 25/2/2020
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