Chronique

ADAGIO - ARCHANGELS IN BLACK / Listenable Records 2009

Ah enfin, le voilà ce quatrième album de mes Frenchies préférés. 3 ans se sont écoulés depuis le formidable ‘Dominate’, qui avait vu Adagio durcir sévèrement sa musique.
A noter un énième changement avec l’arrivée du Finlandais Christian Palin (Random Eyes / Essence of sorrow) en remplacement de Gus Monsanto (Revolution renaissance / Lightseekers).
Allez j’en ai marre de patienter envoyez la sauce !!

Pour débuter le groupe nous propose un « Vamphyri » très rentre dedans et quelque part dans la suite de Dominate. Une sorte de single, efficace (quel refrain !!), sans trop de prise de risque qui séduit d’emblée. Le son de ce nouvel opus est monstrueux et vous en met plein les oreilles, avec un accent certain sur les orchestrations mieux utilisées. Au niveau chant le petit nouveau se défend plus que largement, rappelant même par moment le très grand David Readman ! Un premier titre confortable qui nous donne qu’une envie, vite découvrir la suite. D’ailleurs dès « The astral pathway » on sent que le groupe a atteint un autre niveau. La parfaite maîtrise, d’une brutalité extrême et d’une mélodie néoclassique. Cette fois-ci le groupe ne joue plus sur deux tableaux, ils en créent un nouveau ! On notera aussi le très bon travail sur les refrains qui se veulent percutants. En tout cas à mon propre avis le groupe a trouvé en la personne de Christian Palin, leur meilleur allié.
Niveau solo, la paire Forté/Codfert se fait plaisir, mais là aussi, semble plus mûre, moins de démonstration, plus de feeling : Adagio à grandi.
Le premier single « Fear Circus » débute sur un riff made in Forté. La suite gorgée d’orchestrations et de chœurs est ultra prenante. Chose rigolote, si on peut dire, c’est le côté Bluesy au niveau du groove qui rend terrible. Mr Palin, va même me rappeler l’énorme Kelly ‘Sundown’ Carpenter (Ex Outworld), dans un chant hargneux et haut perché. J’avoue que comme single ce n’est pas le titre le plus évident, mais il montre bien leur nouveau visage. Un piano virtuose classique ouvre « Undead » qui elle, lorgne avec sa puissance et son lugubre univers vers une sorte de black métal, évolué. Encore une fois une consonance assez hard rock sort de là, surtout sur le refrain, au groove énormissime. Stephan refait son apparition au micro pour un duo, couillu ! Bref encore un gros.
Une sublime intro orchestrale prend le pas pour « Archangels in black » qui semble sortir d’un album des Norvégiens de Dimmu Borgir. Encore une fois le mélange entre musique extrême et mélodique est que plus réussi, ne choquant même plus, devenant tout simplement naturel. Quel formidable travail de composition et d’arrangement à mettre à l’actif de tous. Finalement que d’émotions et d’informations reçues avec cet opus, et ce n’est pas fini, puisque « The fifth ankh », ne semble pas ramollir. Encore une fois bien ancrée dans cet univers malsain et lugubre de l’art sombre, elle se construit autour de cette sensation étrange, de mort. Une fois de plus les interventions soigneuses de Stephan dans son chant Black (bien mieux maîtrisé) ajoutées aux sonorités glauques, font que la chair de poule s’empare de vous. Heureusement que le refrain plus mélodique, vous rassure. Je le re-note mais le travail de Christian est tout simplement splendide, il se donne à fond et ça fait plaisir.
« Codex oscura » et son intro façon musique de film, fait monter l’intensité comme lors d’un bon Hitchcock, puis le riff qui vous prend à la gorge telle la main du meurtrier qui s’empare de votre corps. La suite plus ‘cool’ permet de se remettre de cette ‘agression’. Une chanson plus ‘légère’ et dérangeante comme un bon Tim Burton, qui mélange les ambiances, à la fois, mélodiques, sombres, envolées, lyriques, pour nous mener jusqu’à un blast extrême des plus jouissif ! Encore une fois le groupe distille ses idées avec une maestria encore jamais vue auparavant. Votre âme aura rarement été aussi torturée. Si vous tenez encore debout « Twilight at dawn », va en remettre un coup. Sous ses airs de titre simple, se cache un gros morceau, qui devrait en toute logique trouver facilement sa place sur les prochaines tournées du groupe. Un rythme soutenu, un refrain méchant (avec la dominante du chant extrême, lors d’un nouveau duo magique), des orchestrations subtiles et entêtantes, des changements d’atmosphère à vous glacer le sang, bref, du lourd, du très lourd, qui va faire mal assurément. Hum ! Quelle douceur exquise.
On termine ce tour avec un « Getsu senshi », qui ne sera pas plus gai, mais vous assénera le coup fatal. Un up tempo qui va achever bien des téméraires et surtout remplacera un ‘Fire Forever’ trop facile. Un deuxième single taillé pour le live avec effet immédiat. Une fin plus éclairée qui rend l’espoir enfoui au fur et à mesure des titres joués.

Conclusion : Adagio vient de grandir et d’atteindre un palier important. Plus mûr, plus sûr, ce nouvel album est en quelque sorte l’apothéose de ce début de carrière. Le meilleur d’Underworld et de Dominate, avec ce qu’il faut de plus pour être au dessus du lot.
Un album extraordinaire qui va faire très mal !! Bravo à vous tous, pour votre travail exemplaire ! A ne surtout pas rater.
 
Critique : Guillaume
Note : 9/10
Site du groupe : Site officiel d'Adagio
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