Chronique

SHADOW GALLERY - DIGITAL GHOSTS / Insideout Record 2009

Mesdames et Messieurs, bien le bonjour. Nous allons nous pencher (pas trop bas, attention les lombaires) sur le cas d’un combo pas forcément connu du grand public mais Ô combien connu du public de musiciens friand de vraie musique et d’interprètes de haut niveau. Nos vieux comparses SHADOW GALLERY, venus tout droit des States et fort de leurs 17 années d’ancienneté sur le devant de la scène du rock progressif. Leur nouvel album et 6ème depuis leur création s’intitule DIGITAL GHOSTS. Je tiens à m’attarder sur un fait malheureux qui chamboula la vie de notre quintet de techniciens. Dans une semaine, c'est-à-dire le 29 octobre 2009, le groupe portera le deuil de leur chanteur disparu il y’a un an, jour pour jour. Cet album sera très certainement un grand hommage à leur ancien membre, présent depuis les débuts du groupe. Allons voir quelle conviction a été mise dans cette galette très attendue vu l’attente entre les sorties d’albums de la bande. De 1992 en 2001, un tous les 3 ans et depuis, un tous les 4 ans!

L’album commence sur un WITH HONOR qui balance un gros riff limite métal. Un son très pur. Ils envoient des phrasés très heavy, techniques, bien envoyés. Les lignes mélodiques de leur nouveau chanteur sont bien trouvées, bien placées, le timbre est limpide et modulé au gré des émotions. Comme à leur habitude, les ambiances et les idées s’enchaînent sans compter mais toujours dans le seul intérêt de la musique et de l’histoire qu’elle contera. Les guitares vont à l’essentiel et nous gratifient d’envolées mélodiques et techniques emplies de virtuosité. Basse batterie nous régale de groove et de mise en place millimétriques. LE chant et LES chants sont magistraux. Des chœurs de toute beauté Les interventions claviers posent des atmosphères angéliques avec une voix cristalline posée dessus. L’évolution des ambiances nous transporte tout au long du morceau au point que l’on ne sent même pas les 11 minutes passer. L’histoire est magnifique, sans longueur et d’une homogénéité féérique. Le moindre changement d’état d’âme se ressent, nous fait vibrer et nous élève.
L’album, dans son intégralité, peut s’inclure dans cette analyse tant leur musique est fine, recherchée. Interprétée par des musiciens hors normes à l’imagination débordante. L’efficacité étant toujours au rendez vous, aucune longueur ne se fait sentir. Seules la beauté et la légèreté ressortent de cette musiqu. D’ailleurs, je ne m’attarderai pas. En parler ne serait pas d’une grande utilité. Seuls des superlatifs ressortiront de cette écoute. Des musiciens exceptionnels au service d’une musique exceptionnelle. Bon, il faut avouer qu’ils nous ont habitué à donner dans le hors norme, les messieurs. De mémoire, leur album LEGACY m’avait laissé cette même empreinte que seuls les génies peuvent vous laisser : unique et majestueux. On comprend mieux le temps de latence entre chaque album. Les gars sont des perfectionnistes, des techniciens, des puristes, appelez ca comme vous voulez. Mais, mal faire, c’est pas pour eux. Sans maîtrise, la puissance n’est rien. Ainsi parlait le grand philosophe Pirelli.

Pour conclure simplement, le plus beau des hommages a été rendu à leur défunt partenaire. Un album majestueux à la hauteur des interprètes. Allez, faisons le précieux. Je ne suis pas très fan du son de caisse claire du batteur qui fait un peu « électronique » à mon goût. Mais, c’est vraiment pour trouver une critique de cet album. Rien n’est laissé au hasard, tout est beauté. Même dans les passages rocks ou groove, ils font sonner partout, dans tous les styles. Des vrais caméléons à l’image du chanteur au mimétisme impressionnant tant on le sent fait pour chanter tous les styles avec toutes les voix.
Un album de grande classe, très grande classe. MAESTRO. Messieurs, vous mériterez le plus grand des respects. Je vous salue bien bas.

Playlist : With Honor / Venom / Pain / Gold Dust / Strong /Digital Ghost / Haunted.
 
Critique : Burno
Note : 9.5/10
Site du groupe : Site officiel du groupe
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