Chronique

A PLANE TO THE VOID - MEMENTO MORI / Auto prod 2011

Tous les goûts sont dans la nature et précisément ici à Toulouse. Tout le monde vous le dira, au cœur de la ville rose, nous avons de nombreux groupes prometteurs qui plus est, capable d’offrir à leur auditeur des styles éclectiques et vous vous doutez bien que le groupe dont je vais vous parler ne fait pas exception.

A PLANE TO THE VOID est né sur les plaines toulousaines en 2010 et constitue le projet ambitieux de matérialiser les envies musicales de ses membres. En toute modestie, à travers leur biographie, ils annoncent dès le départ la couleur, pour nous permettre de plonger dans un autre monde, celui qui leur appartient, celui de leur rêve. Un univers à contre courant qui propose quelque chose de nouveau mélangeant du djent (Meshuggah, The Contortionist), du screamo (Rinoa) et une atmosphère propre au Post-rock (Caspian).

Leur premier EP a déjà fait l’objet d’une interview sur les pages de votre webzine favori, un article qui témoigne de l’ambition de ces prodiges. Ce premier EP est le reflet du microcosme toulousain et témoigne de son amour pour la scène metal. En effet, ce premier jet a été enregistré par David Castel (Manimal, Psykup), masterisé par Julien Soula (Sidilarsen) au studio Antistatic. Autant le dire tout de suite, la production est monstrueuse, digne de grande production comme on a bien souvent l’habitude d’en entendre.

Memento Mori est donc le nom de cet EP composé de 6 chansons de pure intensité qui suscitera l’engouement de l’auditeur avide de nouvelles sensations. Dès la première écoute, on est directement accroché avec une sérieuse envie de vouloir headbanguer, cela est presque instinctif. Ce qui à la base était une possibilité pour le groupe de faire varier son tempo s'est transformée en véritable facilité de composition. Couillu et rentre-dedans. C'est simple dans l'idée mais sans jamais tomber dans le répétitif ou l'ultra cliché. Un album qui m'a rapproché du chant hardcore.

A PLANE TO THE VOID prend pour concept cette locution latine, Memento Mori et place l’auditeur face à un homme qui vit ses derniers instants avant que la faucheuse ne l’emporte. Dans les limbes de votre imagination, cet homme n’a pas de visage hormis celui que vous voudrez bien lui donner. Les textes sont un conglomérat de pensées torturées et poétiques. Le groupe délivre différentes perceptions mais surtout le supplice de cet homme qui voit le monde tel qu’il est, un théâtre de l’absurde où des vérités incomprises subsistent.

Sombre et percutante, la musique des toulousains transpire cette souffrance et propose des sonorités qui valdinguent (me demander pas pourquoi, j’adore ce mot) à tout va. Les riffs sont précis et bien exécutés, la batterie dissémine des blast avec la plus grande ingéniosité et le vocaliste accompli son office et termine le sale boulot avec un beuglement typé hardcore. Cette voix est le reflet de la colère, du désespoir ressenti par le personnage principal de cette oeuvre. Chaque coup de grosse caisse est là pour marteler et nous renvoyer à notre condition humaine… Malgré ton succès, souviens-toi que demain sera un autre jour, souviens toi que ton temps est compté. Dans le monde moderne dans lequel nous vivions, il est de bon ton de ne pas oublier qui nous sommes et ce que nous faisons. Si ce combo devait représenter une philosophie, ce serait sans aucun doute celle-ci : carpe diem.


CONCLUSION
A PLANE TO THE VOID est un groupe que l’on prend plaisir à découvrir. Au fil des écoutes, leur concept murie dans nos esprits et honore leur travail de composition. Bravo à eux.
 
Critique : Alisia
Note : 9/10
Site du groupe : My Space
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