Chronique

MASS HYSTERIA - L'ARMEE DES OMBRES / Verycords 2012

Si chez Mass Hysteria on change de label pour Veryrcords, de bassiste pour Vincent Mercier, on ne change pas la formule qui marche depuis 2007 avec « Une somme de détails » . Poursuivie sur le bizarroïde « Failles » en 2009 et aujourd’hui sur « L’armée des ombres » la dite-formule contient une grosse dose de metal industriel bien burné, une dose de rêve, une dose d’humanité, et re une dose de metal industriel bien burné. Et bien sûr, hors de question de se séparer du chant en français !

Rien ne confirme plus ces propos que « Positif à bloc » qui ouvre cette 7ème galette avec un arrangement électro-futuriste, un gros riff bien lourd, bien répétitif, et le tout sublimé par la voix criant à tue-tête le titre du morceau. La production est un bon cran au dessus des volets précédent et rend le son de la guitare bien gras et bien ample à l’image d’un certain groupe allemand célèbre…

« L’homme s’entête » confirme une impression liée aux paroles. Le groupe a franchi un réel cap dans l’écriture avec des textes extrêmement bien ficelés et riches en images, on chante enfin en français dans la voiture sans avoir l’impression que ce qu’on dit est ridicule. Et lorsqu’on passe à la vitesse supérieure sur « Commedia dell’inferno » on est carrément pris aux tripes par le concept de l’armée des ombres et envouté par le riff frénétique qui l’accompagne.

On sonne la pause sur « Même si j’explose » qui démarre au piano pour suivre sur un riff pharaonique et puissant mais dans un tempo bien plus lent. Une façon d’exploser assez singulière surtout lorsque la phase qui suit est du genre hypnotique et sans guitare. Un ensemble musical qui permet d’appuyer la catharsis qu’évoquent les paroles. Certainement le plus gros temps fort de cet album.

« L’esprit du temps » et « Tout doit disparaître » reprennent en mid-tempo sur des thèmes musicaux identiques. On peut décrocher sur le refrain assez singulier du premier titre ou arriver à une légère lassitude à la fin du second mais dans tous les cas l’effet de répétition se fait ressentir, inévitable quand on maintient ce registre. « Sérum barbare » ferait office de piste de trop s’il n’était pas rattrapé par un refrain très simple et très efficace qui scande « SERUM BARBARE ! » à répétition.

« Raison close » nous fait enfin changer d’univers avec un retour à la lenteur, un gros appui des claviers et une ambiance lancinante. On appréciera largement les 4:45 (réelles) de ce titre. Même tempo, univers psychédélique, robotique et univers rien à foutre, c’est ce que va nous apporter « Pulsion ». Il doit s’agir du seul morceau lent de l’histoire de Mass Hysteria à être aussi court, 2:17 à peine.

Pour clore officiellement l’album, on part sur un délire hardcore punk machin chose qui fait bouger la tête comme un cinglé à s’en donner le « Vertige des mondes » jusqu’à un riff intermédiaire sur le pont qui reprend le thème général de l’album. Un genre de pré-au revoir.

Les chanceux pourront se procurer l’album qui inclut les deux bonus tracks « La valse des pantins » et « Soyez vous-même ». Ce dernier titre assez exceptionnel vous fera gueuler « Soyez vous-même » et le très pernicieux « Jouïr et faire jouïr » qui couplés à la musique réveillera les morts-vivants, les morts-pas-vivants et les voisins à 500m à la ronde. Pourquoi il n’est pas dans le tracklist d’origine ? Va savoir !

En conclusion, « L’armée des ombres » rentre pleinement dans le cliché de l’album de la maturité. Plus de puissance dans la musique, plus de puissance dans l’écriture et surtout une production à couper le souffle. Il y a un peu de répétition pour noircir le tableau, mais Mass Hysteria ne s’égare plus et délivre ce qu’on attend d’eux depuis longtemps.
 
Critique : Weska
Note : 8.5/10
Site du groupe : Site de Mass Hysteria
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