Chronique

ORDEN OGAN - TO THE END / Afm Records 2012

Ecouter du power metal européen sans me dire que c’est une torture, c’est un peu le miracle réalisé cette année par Orden Ogan. Dans un registre sur-exploité, le quatrième album de nos amis teutons est loin de passer inaperçu. Et je dirais même que c’est un des plus gros pieds au cul de cette fin d’année !

L’accroche est immédiate, après une intro qui va bien, mais vraiment bien, « To the End » fixe les bases : un riff principal assez agressif assemblées avec des mélodies très « dragonforcoresque », du chant à l’unisson et une voix principale exceptionnelle. A mi-chemin entre virtuosité et puissance. J’apprécie également le côté surfait des chants à l’unisson à répétition, histoire de chanter à tue-tête, presque au niveau où on finirait par s’intéresser aux paroles. Ce qui fait également la différence c’est le parfait équilibre dans les solos et dans leur genre. Propre et efficace. Je vous ais dis qu’Orden Ogan était allemand ou pas ?

Une fois que vous avez dévoré les 3 premiers titres, vous arrivez au bon morceau cliché : « The Ice Kings ». Mettez donc un pied dans les paroles d’un monde fantastique, au cœur d’un slow-balade inutile mais indispensable (convention power metal de 1995, enfin par là). Mais même là, le morceau reste persuasif, petite berceuse folk, harpe, piano et guitare sèche et refrain à l’unisson, parce que c’est une marque de fabrique.

Viens ensuite « Till the Stars Cry Out » qui exprime ma définition du mot epic power metal. Ca y est, nous y sommes complètement ! paroles clichés avec des vallées, des étoiles, des montagnes et le vent de l’éternel, des coups de speed, de l’unisson (encore !), du clavecin mal samplé, un peu de classicos en fin de morceau et hop c’est emballé. Mais dans tout ce cliché, vous retrouverez la patte d’Orden Ogan avec des mélodies bien ficelés et une agressivité présente sur certains passages clé ce qui apporte une réelle variété à l’ensemble.

Question agressivité, « This World of Ice » et « Angels War » en rajouteront une bonne couche avec les riffs les plus agressifs déclinés rapidement en quelque chose de plus mélodique. Ces deux morceaux se détachent de cette fin d’album assez classique pour du power européen, et qui se termine par un bon vieux slow-balade des familles. Est-ce qu’il n’aurait pas mieux valu le coup de sortir 8 titres, plutôt que 10, je pose la question...

« To the End » est un incontournable de cette fin d’année 2012. En respectant les clichés et les conventions, le groupe exprime cette contradiction propre au métal, ce mélange d’agressivité, de poésie, de bonheur et de revendication. L’abus manifeste des chants à l’unisson permet de chanter comme une oie dans la voiture, et c’est un régal… même s’il n’est pas sûr que tenir tout un album sur ce rythme soit possible, même s’il n’est pas sûr que ça vaille quelque chose en live. On ne peut pas tout avoir !

Tracklist : The frozen few / To the end / The things we believe in / Land of the dead / The ice kings / Till the stars cry out /The world of ice / Dying paradise / Mystic symphony / Angels war / Take this light
 
Critique : Weska
Note : 8.5/10
Site du groupe : Site de Orden Ogan
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