Chronique

TUOMAS HOLOPAINEN - THE LIFE AND TIMES OF SCROOGE / Nuclear Blast 2014

TUOMAS HOLOPAINEN sort enfin son album solo, « The Life and Times of Scrooge », qui n’est autre que la B.O du livre de Don Rosa sur la vie de Scrooge (Picsou en français).
Loin de l’univers métal, on est au cœur d’une musique orchestrale avec des thèmes riches et variés. La plupart des morceaux n’ayant pas de structure, il est difficile de mettre par écrit mon ressenti.

Par exemple « Glosgow 1877 », le morceau d’ouverture, met en avant Alan Reed (la voix de Scrooge) et Johanna Iivanainen (sœur de Scrooge). Pour coller au titre, Tuomas rajoute ci et là des cornemuses qui se mélangent avec l’orchestre qui s’éveille doucement, mais sans montrer sa pleine puissance.
Sa pleine puissance il nous la montre sur deux morceaux en particulier, tout d’abord « Cold Heart of The Klondike » (qui est un excellent passage de l’histoire) où les chœurs viennent sublimer cet orchestre qui montre toute sa splendeur. Le guest Tony Kakko, simple narrateur, apporte de belles lignes de chant sur ce long morceau, magnifique.
L’autre explosion symphonique se trouve facilement, ça sera sur « Duel & Cloudscapes ». Après un orage et un peu d’orgue, ambiance film d’horreur, il arrive, majestueux, puissant, il nous sort LE grand jeu cet Orchestre londonien ! Quand j’écoute ça je suis invisible : je pars au front seul contre 1000 !!
Et pendant ce morceau vous pourrez entendre un musique plus… drôle (ça c’est quand je me serai fait latter par les 1000 individus sus nommés).

Tuomas affirme que c’était de loin la tache la plus ardue : créer une musique joviale et comique, c’est pourquoi je lui tire mon chapeau parce que c’est très réussi. Bluffant même. Le seul autre moment où vous entendrez une telle musique sera sur « Goodbye Papa ». Etrange pour un titre comme ça me direz vous. Oui en effet. Mais ces éléments sont incorporés à des éléments et des mélodies assez mélancoliques.
Le piano, magnifique, du début de piste semble dire « Au revoir papa, on se reverra » (oui je sais c’est pas facile à expliquer). Disons que ça ne transpire pas la tristesse ou la noirceur.

Dans le genre mélancolique, vous avez aussi « To Be Rich » (qui s’explique très bien quand vous aurez lu l’histoire), avec Johanna Iivanainen en guest une fois de plus, et « Go slowly now, Sands of Time » chanté par Alan Reed. Que ça soit le chant ou la musique, les lignes mélodiques sont assez mélancoliques, ça sera pas les chansons qui vont vous booster, mais elles sont tout de même très belle.
Mais globalement l’album est plutôt fait pour la bonne humeur. Seul « Dreamtime » (et son didgeridoo) reste un tantinet neutre à mes oreille, bref moment d’accalmie qui passe bien à ce moment de l’album. Ni triste ni joyeux.

Si vous voulez du joyeux, taper plutôt dans « Into the West ». Le morceau met un peu de temps à prendre son envol mais dès que c’est fait je suis béat et admiratif et pour cause : un banjo, des trompettes avec du philarmonique ? Vous en rêviez, Tuomas l’a fait ! Et quelle mélodie !!! Mon dieu que c’est bon !

Ah oui, il reste deux morceaux, qui sont en fait les morceaux très chantés, avec une structure assez stable. « The Last Sled » et « A Lifetime of Adventure », chantés surtout par Johanna Kurkela, sont deux bijoux. Sa voix, envoutante, le piano, magique, les lignes mélodiques, tout est beau. Et ça le sera encore plus quand vous aurez lu l’histoire.

Bon une conclusion s’impose. Déjà j’ai eu la larme à l’œil deux trois fois en écoutant l’album. Que dis-je album… Chef d’œuvre ! Cet homme est un génie. Je le dis le redis ! Il nous offre ici de la musique avec un grand M, la quintessence même la musique ! Force, émotion et beauté. Un grand bravo. Respect. Et merci.

 
Critique : SBM
Note : 10/10
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