Chronique

SOILWORK - THE RIDE MAJESTIC / Nuclear Blast 2015

Après le double album The living infinite et le live "in the heart of Helsinki", le groupe a atteint un nouvel âge d'or, sous le signe d'un métal moderne, populaire et puissant, hors des limites du death métal mélodique et du metalcore. Après avoir encensé, un peu exagérément le double album d'un 10/10, j'ai décidé cette fois-ci de prendre le temps de la réflexion et de... oui, tout à fait, remettre un 10/10 !

Une marque de fabrique immaculée
The ride majestic est la deuxième oeuvre sans les créateurs de ces riffs si typiques du sextet. Et pourtant, Sylvain Coudret et David Andersson continuent d'insuffler ça et là tout ce qui fait de Soilwork une référence unique en matière de mélodies accrocheuses.

Le titre éponyme qui démarre la lecture est un best-of de ce que le groupe a fait de mieux dans la dernière décennie, ponctué d'un refrain entêtant et d'un solo simple et de bon aloi. Plus fort encore, Petrichor by Sulphur frappera les fans de la première avec un clin d'oeil qui porte l'empreinte intacte des riffs bouillonnants de Steelbath suicide sorti en 1998. Et il fallait au moins cela pour préparer le public aux exercices vocaux les plus extravagants de Björn Strid qui va toujours plus loin dans les refrains.

De l'exploration audacieuse
Car si chaque titre possède une trame similaire autour d'un refrain qui accroche bien, chaque corps de musique repousse ses limites et accoucher des sons jamais vu auparavant dans le groupe. Voilà qui va rendre la première écoute plus difficile, et les suivantes particulièrement excitante. Impossible du coup de passer à côté du carnage en mode black metal des titres Alight in the Aftermath ou encore du "Cradleissime" The Phantom, ce torrent de brutalité qui est canalisé par la richesse de la composition autour des refrains et du pont.

De la richesse, donc, mais aussi du contraste, du relief, de la complexité dont il est facile de se rendre compte quand le compteur du lecteur défile sans changer de morceaux alors que la texture de la musique ne cesse de changer. Ce sera too much pour certains, mais pour le batteur Dirk Verbeuren, too much, c'est pas assez. S'il avait été sérial killer, les belges l'auraient baptisé le Marteleur d'Anvers. Il se veut le pilote de l'ensemble et mène complètement la barque sur des titres comme The ride majestic (Aspire Angelic). Son extravagance est visible sur tous les fronts, jusqu'à la limite de l'agréable sur Enemies in fidelity, un titre déjà difficile d'accès en raison du registre de chant sur le refrain assez... efféminé.

Et une grosse dose d'émotions
Björn Strid assume une grande sensibilité sur cet album, cachée dans les contrastes extrêmes dans sa façon de changer. N'allez donc pas le faire écouter à votre voisine, elle ne comprendrait pas. The Ride Majestic illustre pourtant quelque chose d'universel, qui devient pour la première fois palpable. Le langage donné à cette course de la vie avant la mort peut être saisie, et n'importe qui pourrait se l'approprier.
Dans un très français "Aimons-nous vivant", Strid a imaginé un hommage d'une beauté sans nom et signe le texte le plus marquant du groupe sur Father and son watching the world go down

Conclusion : Si vous aviez dormi ses derniers mois, il est temps de se réveiller. Ce que le métal charnière entre l'extrême et le populaire a fait de mieux en 2015 est ici, sous vos yeux. Ni plus, ni moins. Attendez-vous tout de même à ce que les premières écoutes soient un tantinet difficile.

Tracklist
1. The Ride Majestic
2. Alight In The Aftermath
3. Death In General
4. Enemies In Fidelity
5. Petrichor By Sulphur
6. The Phantom
7. The Ride Majestic (Aspire Angelic)
8. Whirl Of Pain
9. All Along Echoing Paths
10. Shining Lights
11. Father And Son Watch The World Go Down
 
Critique : Weska
Note : 10/10
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