Chronique

OBSIDIAN KINGDOM - MEAT MACHINE / Season Of Mist 2020

Actif depuis une quinzaine d'années, les catalans de Obsidian Kingdom ont évolué au fil des années d'un metal extrême à un metal avant garde teinté de post-black.

Quatre ans après « A year with no Summer », les Barcelonais nous reviennent avec un nouvel album tout aussi intéressant que ne l'était son prédécesseur. Obisidian Kingdom a souvent été qualifié d'un des groupes les plus inclassables au monde. C'est encore le cas sur ce nouvel opus qui passe au gré des plages qui le compose d'un son à la Deftones à du metal avant-garde, en passant par du prog Floydien et du quasi black-metal ( sur « Womb of Wire »).

Le groupe s'avère capable sur ce disque d'être puissant et violent avant de bifurquer sur des passages où la douceur prime même si elle est souvent plus sombre qu'il n'y parait. On pourrait imaginer qu'à emprunter tant de voies différentes le disque pourrait finir par se perdre mais ce n'est jamais le cas.

On imagine en écoutant « The Edge » et « The Pump » ( très Neurosis), les deux titres qui ouvrent l'album, que l'on va avoir droit à un album de noise expérimental mais Obsedian Kingdom montre dès le troisième morceau « Mr Pan » qu'il n'en sera rien. En effet, ce titre évoque bien davantage Pink Floyd ou le rock progressif que Neurosis avec sa montée de guitares très 70's. On pense encore au Floyd, celui de « The Wall » sur l'excellent « Naked Politics », le titre le plus « classique » de l'album avant que l'on ne revienne à un son noise avec « Meat Star » qui au moment du refrain bifurque vers du heavy rock 70's il faut bien le dire assez sublime.

On se dit alors que l'ambition des catalans sera de toujours surprendre l'auditeur et c'est effectivement la mission que semble s'être donné ce disque.

Car ce qui impressionne avec les barcelonais, c'est que quelque soit le genre musical qu'ils abordent, ils se révèlent excellents, inventifs et toujours audacieux. Il y a toujours chez eux une prise de risque maximum et cela fait incontestablement du bien aux oreilles. On les imagine aisément à l'écoute de cet opus comme de très grands érudits musicaux avec une discothéque aussi éclectique que bien remplie. Et alors que ce que l'on a déjà entendu jusque là est déjà très très bon surgit le sublime « Spanker », psychédélique à souhait, spatial et cosmique.

« Meat Machine » est un disque d'une très grande richesse, un album complexe et intelligent qui emporte l'auditeur, loin très loin.
 
Critique : Pierre Arnaud
Note : 8/10
Site du groupe : Page Facebook du groupe
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