Chronique

JOE SATRIANI - THE ELEPHANTS OF MARS / Ear music 2022

Ça peut paraitre fou, mais c’est bel et bien le premier album du maitre de la 6 cordes qui est chroniqué sur le webzine. Il faut dire que perso j’ai décroché depuis 2006 et même si j’avais toujours un œil et une oreille sur son travail rien ne m’avait vraiment emballé. Mais aujourd’hui c’est différent.

On débute par « Sahara » premier extrait de l’album, qui pose une base simple et très mélodique avec un Satriani moins démonstratif et très subtil (plus que d’habitude bien sûr). A la suite « The elephants of mars » nous offre un moment plus rythmé et ambiancé de manière futuriste. Est-ce dû au retour d’Eric Caudieux ? En tout cas ça fonctionne et c’est déjà ça ! Qu’il est bon de retrouver le jeu si spécifique du Satch, qui malgré les années n’a rien perdu de sa superbe.
Début calme au piano pour « Faceless », qui est d’une beauté céleste grâce au choix millimétré des notes. Un moment grandiose qui prend aux tripes ! C’est au tour du groove de prendre place avec « Blue foot groovy » qui réussit son coup. Un titre sur lequel la basse est bien mise en avant. Un pur régal !
« Tension & release » lorgne vers le Jazz rock et embellit cet album d’idées de tous horizons. Une fois de plus le jeu de Joe est d’une efficacité redoutable entre moments choisis et passages plus techniques qui démontrent qu’il reste bien l’un des meilleurs. « Sailing the seas of Ganymede » montre un jeu plus aérien sur une musique pourtant groovy. On sent vraiment que notre maitre a voulu élargir, voir réinventer son univers pour notre plus grand plaisir !
L’orient ouvre ses portes avec « Doors of perception », qui nous fait voyager au grès des épices distillées par la guitare de Joe. Encore une fois on est surpris par le travail que nous propose Satriani qui depuis ‘Strange Beautiful Music’ n’a plus aussi varié ses albums. On retrouve le Jazz rock avec « E 104th St NYC 1973 ». Un moment cool qui là encore fonctionne super grâce aussi à ses accompagnants de haut vol.
Cette fois ci c’est vers le funk que l’on se tourne pour « Pumpin’ ». Un moment qui balance bien et qui devrait être fort sympathique en concert ! L’étrange « Dance of the spores » arrive et nous offre un moment presque cinématographique à l’ambiance sombre et burlesque (sorte de cirque à la Tim Burton). Encore une fois Joe s’est surpassé.
« Night scene », et son approche dance floor étonne et peu rappeler le très mal aimé ‘Enigme of creation’ (là encore Eric en est-il responsable ??). Cependant son solo de clavier jazzy est superbe, enchainé par un solo de guitare extra. A nouveau surprenant mais ultra réussi ! « Through a mother's day darkly » est quant à lui, un voyage sombre mais intense qui ne peut laisser indifférent ! Les quelques orchestrations venant accentuer l’aspect sombre et intense de ce qui est pour moi le titre le plus ambitieux de Joe Satriani, tout simplement !! Une vraie masterclass !!!! Un peu de douceur et de simplicité avec la ballade pop « 22 memory lane ». Un moment bienvenu et à nouveau d’une grande beauté musicale. On termine avec « Desolation », un moment d’une tristesse abyssale et pourtant d’une beauté infinie. Une conclusion qui laisse en émoi pour de longues heures…

Conclusion : et bien quelle surprise !! Joe Satriani a quasi réinventé son univers en allant dans divers horizons pour embellir sa musique. Moins démonstratif et plus subtil et collectif (jamais les autres instruments n’ont pris autant de place) Joe vient de prouver qu’il reste un très, très grand de la musique et que malgré les années, sait encore nous surprendre ! Bravo à vous grand Maitre.
 
Critique : Guillaume
Note : 10/10
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