Interview

MESSALINE (2013) - John Bailly (Batterie)

A l’heure où vous lisez ces lignes, le nouvel opus de MESSALINE est enfin dans les bacs ! Nouvel album, nouveau line up, il était temps de faire le point. Le nouveau venu, John Bailly, quitte ses fûts pour se placer devant le micro…

John Bailly: Allo bonjour !

SBM : Bonjour John comment vas-tu ?

Ben ça va bien écoute, nickel !

Super ! Ben on est là pour parler un peu du nouvel album de MESSALINE, « Eviscérer les Dieux », qui est aussi le premier album avec le nouveau line up. Quand avez-vous commencé à bosser sur la composition de l’album ?

Alors si tu veux, le nouveau bassiste et moi-même on a été recruté en Janvier 2011, et déjà à l’époque de l’ancien line up, donc 2009-2010 ils avaient déjà commencé à composer tous les quatre ensembles. Puis une fois que le batteur est parti et que la bassiste a dit qu’il arrêtait, on a récupéré tout ça avec le nouveau bassiste Jaimé, puis on a ajouté notre pate et voilà. Ça s’est peaufiné toute l’année 2011-2012 et les premières prises de son ont été les prises batteries en janvier 2012.

D’accord, et peux-tu nous en dire un peu plus sur ce titre « Eviscérer les Dieux » ? Cela représente pour vous une conviction religieuse ? Ou le titre vous plaisait tout simplement ?

Ben déjà on voulait un titre qui sonne, donc là je pense que c’est pas trop mal choisi. Eviscérer les Dieux en fait c’est un morceau de phrase de la première chanson qui ouvre l’album, sur « La Pire Pirate », et on a souvent pour habitude de trouver un titre avec un morceau de phrase de nos chansons. Après « Eviscérer les Dieux » n’a rien à voir avec un côté anti clérical, anti religion ou quoi que ce soit, mais il y a différentes choses.
Déjà « Les Dieux » c’est pas forcément les Dieux des principales religions monothéistes, ou tout le panthéon des Dieux etc… Mais ça serait plutôt les dieux de notre société actuelle, les nouvelles icônes : le Dieu fric, la Déesse téléréalité.
Et éviscérer c’est quelque chose de très matériel, c’est enlever les tripes, et c’est en opposition avec les Dieux qui sont plutôt immatériel. Voilà mais il n’y a rien d’anti clérical dedans. Je sais pas si c’est bien clair…

Ah si t’inquiète ! Et c’est vrai que c’est bien comme idée…
Et peux-tu nous en dire un peu plus sur ton intégration dans le groupe en 2011 avec votre bassiste Jaimé ?


Et bien si tu veux, le bassiste assurait déjà un peu l’intérim parce que l’ancien bassiste, JC faisait intermittent du spectacle en tant que lighteux, il a bossé avec Sinsemilia, il a bossé sur la tournée de Scorpions, donc il pouvait pas souvent être là et il plantait souvent le groupe qui était obligé d’annuler au dernier moment, du coup on a quand même pris un bassiste intérimaire pour assurer les deux-trois shows qu’avait MESSALINE à l’époque. Et Jaimé qui jouait dans un groupe qui répétait à côté de MESSALINE à la Tannerie, qui est une salle de musique à Bourg-en-Bresse qui a aussi des locaux de répétitions, il appréciait bien MESSALINE donc il nous a dit « Ouais les morceaux je peux les apprendre… ».
Et suite au départ du batteur fin 2010, qui se retrouvait plus trop dans le groupe, c’est pas pour des histoires de divergences musicales ou quoi que ce soit, c’est juste qu’il en avait un peu marre de répéter avec un bassiste toujours absent, donc il est parti. Et le bassiste en a profité pour dire « Bon écoutez les gars, je suis un peu un boulet pour vous, je suis jamais là, je vous plante au dernier moment avec mon métier et comme je sais que je suis un ami de longue date vous voudrez pas me virer donc je décide de partir de moi-même. »
Donc dès le lendemain les deux anciens du groupe, dans le sens longévité, qui jouaient déjà auparavant dans un groupe de prog rock qui s’appelle Absurd, ont contacté Jaimé et ils lui ont proposé le poste de bassiste à plein temps.
Ensuite ils ont fait une sorte de mini casting avec les batteurs du coin, ils pensaient d’abord à un gars de studio de Lyon, puis ils ont cherché dans des groupes locaux et moi j’évoluais dans une formation plus branché métal hardcore, métal extrême, avec lequel on a pu jouer en première partie de Clawfinger, de Lofofora. Et c’est vrai qu’avec le chanteur de MESSALINE on se connaissait, on se côtoyait un petit peu, et il m’a proposé ça et moi voyant un petit peu ce qui s’était fait par le passé je savais qu’ils avaient joué au MetalFest avec des groupes tels que Adagio, je savais qu’on pouvait trouver leur album à la FNAC, à Virgin et je me suis dis que c’était peut-être une bonne opportunité pour moi de décoller un peu, de voir autre chose. Du coup on a fait un essai et j’avoue que le côté humain était avant tout un des principaux facteurs pour un groupe de composition car je pense que dans un groupe de compo on met une part de nous même et si ça colle pas niveau humain, on essaye de s’astreindre au rythme de minimum une répet par semaine, pas comme certains groupe qui font tout à distance par internet. Donc c’est vrai qu’on s’entend hyper bien et qu’on a fait pas mal de choses depuis.

D’accord, donc l’enregistrement a du bien se passer !

Ben oui, puis ça a pris un certain temps, étant donné qu’on a commencé les prises batteries en janvier 2012 et que l’album est sorti en janvier 2013, on a voulu prendre notre temps, puis c’était aussi en fonction des disponibilités des studios, de tout ça, y’a une partie des mixage qui s’est fait au Costa Rica du fait de notre ingé son qui fait de la musique, des spectacles pour la foret etc…
Le mastering ça a été fait dans l’été pour les premières voix, avec Christian Décamps du groupe Ange qui est venu enregistrer un duo avec notre chanteur au moi d’Aout à Bourg-en-Bresse, et puis le mastering s’est fini dans l’Autre Studio avec Bouquet avec les prises basse etc… Donc ça a pris un certain temps, c’est un peu fait à la maison, un peu fait ailleurs.
On a pris le temps mais je pense qu’au final on est assez content du résultat, du rendu, que ça soit au niveau de l’objet en lui-même ou des retombées qu’on peut avoir, je vois depuis ce matin 11h30 la plupart des gens n’avaient jamais entendu parlé de MESSALINE avant ce troisième album, donc c’est bien de pouvoir élargir notre public.
Puis moi ce que je constate pour être un peu plus jeune que le reste de mes collègues, c’est qu’il y a autant de gens qui sont fans de vieux hard des années 80 du style Trust, Vulcain, qui suivent MESSALINE depuis des années et qui sont fidèles, et on gagne des nouveaux fans, des teenagers qui découvrent Metallica et qui en groupe local voient MESSALINE des choses comme ça, et même des gens qui sont fans de métal extrême qui trouvent un côté un peu sympa dans les paroles en français, le côté un peu tragicomique de nos chansons et qui trouvent aussi une certaine sensibilité dans les mélodies et tout ça.

Ben justement l’album on va en parler un peu. Il est vrai qu’on a quand même une grosse orientation du son vers un heavy des années 80 ou un peu plus moderne pour certaines chansons. Il n’y a qu’à prendre « Machiavel » ou « Belle Cigüe ».
Quelles ont été vos influences sur cet album ?


Alors les influences elles sont multiples et variées, c’est clair qu’on a une grosse influence des groupes des années 80, il y a un journaliste chroniqueur de Hard Force qui a dit qu’on était le chainon manquant entre Ange et Trust. Beaucoup de gens vont trouver qu’il y a un côté Maiden du fait qu’on double les guitares sur l’album et qu’il y a de la guitare acoustiques des trucs comme ça.
Après pour ma part, moi j’ai tout ce côté prog rock, vieux hard rock à l’ancienne, je le connais de part mes parents, j’en ai écouté étant jeune, mais après si on écoute un peu mon jeu de batterie, mes influences ça va être plus du death métal scandinave, toujours dans des trucs mélodiques mais voilà ça va être du Arch Enemy, du…

Amon Amarth ?

Ouais bien sûr Amon Amarth, des trucs comme ça. Après au niveau du texte en français, il y a ce côté Ange, on a dépassé le stade de fans du groupe, mais on fait aussi référence à plein d’autres personnes qui chantent en français.
Mais pour la musique oui ça va aller du heavy métal anglo-saxon où on est assez branché, style Led Zep, Black Sabbath, des choses comme ça, et même des groupes hard rock, prog rock. Je sais que ça avait surpris mes congénères quand j’ai dis que j’écoutais aussi Pavlov’s Dog et des trucs comme ça.

Et ce chant en français, c’est justement à cause de vos influences ou c’est juste le côté pratique ?

Notre chanteur a eu l’expérience de faire la première partie du premier chanteur de Maiden, Paul Di’Anno, et où il a fait une cover de Black Sabbath, donc le fait de chanter en anglais c’est pas non plus un souci pour nous. Simplement, je pense qu’on a aussi la volonté de proposer quelque chose d’autre, on trouve qua la langue française est tellement riche et permet tellement de jeux de mots, de choses comme ça. Puis c’est aussi une manière de se démarquer, d’avoir un chant clair en français.
Et puis sans vouloir dire que les textes sont importants, dans le sens où on ne véhicule aucun message, on n’a pas la prétention d’être un groupe engagé, mais la portée du chant français des textes de MESSALINE c’est de parler de sujets sérieux de façon un peu dérisoire ou inversement, de parler de faits anecdotiques en rajoutant un petit côté tragique, ce petit côté tragicomique.
Et le fait qu’avec une première écoute on puisse identifier les paroles va peut-être pousser les gens à sortir la jaquette et à lire les paroles, il y a des jeux de mots qui ne sortent qu’en lisant le texte, tout n’est pas perceptible à l’oreille.
Je pense que c’est une identité qu’on se crée, un mélange d’influence, et une volonté de se démarquer, de proposer quelque chose d’un peu plus original que ce qu’il se fait dans le métal actuel.

Et il y a une chanson, musicalement et aussi au niveau des thèmes qui sort du lot pour moi, c’est « Errare Humanum Est », semi acoustique mais pêchue, assez joviale. On dirait presque que vous avez voulu déconner sur cette chanson… Tu le perçois comme ça ?

Je pense que sur toutes les chansons on a essayé de se faire plaisir ! Mais « Errare humanum Est » c’est vrai que t’es pas la première personne à nous le dire, elle a un côté atypique, du fait qu’on l’a composé d’une certaine manière. A la base c’est un texte qui a été utilisé pour la première démo d’Absurd, le groupe que partageait l’ancien bassiste de MESSALINE et qui est l’actuel chanteur et guitariste, plutôt prog rock.
Et c’est un texte qui n’a pas été écrit par notre chanteur, mais on trouvait ça sympa de le refaire. Pendant longtemps, dans les premiers albums de MESSALINE, il y avait ce côté : du passé faisons table rase, époque Absud, prog rock, ils ont essayé de passer à autre chose de faire plus un truc dans la lignée des premiers Metallica, avec une batterie qui suit vachement la guitare, et du coup je pense que sur ce troisième album, il y a un côté plus extrême, y’a des parties de batterie avec des doubles à plus de 200 bpm, des blasts, des choses comme ça, et il y a à la fois ce côté délire, prog rock qu’il y avait à l’époque d’Absurd.
Donc voilà « Errare humanum est » c’est un peu « Désolé machine, je me souviens plus de ton nom », c’est ce côté un peu malheureux, de parler d’adultère, des femmes, des choses comme ça, sans avoir un côté misogyne, au contraire c’est plus un album pour vanter les mérites de la femme.
Mais le morceau s’est vraiment démêlé comme ça à travers le mixage, à la base il était pas forcément foutu comme ça, du coup on a coupé certaines parties de batterie, on a rajouté un peu de gratte acoustique et on est parti dans notre délire. Et c’est vrai qu’il y a autant de personnes qui font dire que ce morceau ressort dans le bon sens du terme et d’autres qui vont dire « Ouais c’est pas bien », mais il fait parler de lui.

Et là c’est vrai que la chanson « Errare Humanum Est » est bien encrée dans un thème rock, et même la première chanson « La Pire Pirate » est très sexe, drogue et rock’n roll. Mais est-ce que vous avez essayé d’aborder d’autres thèmes sur cet album ?

Les textes sont le fruit du subconscient de notre chanteur, donc c’est les textes d’une personne qui a son vécu, d’homme marié, qui a des enfants, et on n’a jamais eu la prétention et puis je trouve que c’est un peu « has been » maintenant de faire des textes engagés, un peu anarcho-punk comme a fait à l’époque Trust, on a tous un métier, on paye tous nos impôts.
La religion on en parle à notre manière et donc je vais reprendre l’expression de tout à l’heure, mais c’est avec ce côté un peu tragicomique. Dans l’album précédent il y avait un texte qui s’appelait « Espèce d’icône » qui va parler de toutes les icones de la société, des choses comme ça, toujours avec plein de jeux de mots, et ça veux pas dire qu’on prend pas le sujet au sérieux, mais on a notre manière à nous d’en parler.
Il y a d’autres textes qui vont parler d’un mec, souvent un personnage, quand on met du « je » dans nos chansons on parle pas de MESSALINE ou du chanteur, ce sont des personnages qu’on crée, et qui reviennent parfois d’album en album.
On a plutôt une volonté de sens et de poésie aussi de se dire que ça véhicule un message, une certaine idée. On parle des sujets qui nous touchent à notre manière, et le fait que ça soit en français nous oblige à être beaucoup plus rigoureux dans la manière dont c’est formulé, et on préfère en parler de façon détournée à travers des jeux de mots, plutôt que de dire « A bas la religion ».

Et après cette période de promotion, vous allez faire quoi ? Partir en tournée ? Quels sont les plans du groupe pour le reste de l’année ?

Il y aura une petite série de concerts, et on attend aussi quelques dates qui devraient tomber. On a de nouveau repris le chemin des studios de répèt, pour composer à nouveau, puisque comme je te disais on essaye de se retrouver au moins une fois par semaine pour répéter.
Le 18 mai on sera au festival hard rock à côté de Reims, à Fismes aux côtés de groupes tels que Broiken Edge, Rozz, Gang etc…
Après c’est surtout au mois de juin où on va enchainer cinq dates, que ça soit Saône et Loire, Lyon, vers chez nous et on attend pas mal de retombées. Donc l’avenir de MESSALINE est partagé entre la promo de l’album, les concerts et la composition du quatrième album étant donné que depuis 2011 on a un line up stable et qu’on va pas attendre trois ans pour sortir un nouvel opus.

Donc ça répond un peu à ma prochaine question : est-ce que tu as ou voudrais avoir d’autres projets musicaux à côté de MESSALINE ou est-ce que le groupe te prend 100% de ton temps ?

Ben j’ai deux petits groupes à côté, comme ça, dans d’autres styles, mais ma priorité vis-à-vis de ce qui a été fait et ce qui va se faire, ça reste MESSALINE. Mais moi en tant que batteur et étant donné mes influences, je m’épanouis dans d’autres styles musicaux, mais même si ma priorité reste MESSALINE, ça prend pas tout mon temps non plus et ça me laisse du temps pour faire aussi autre chose…

Ok ! Ben écoute je crois qu’on arrive à la fin de cette interview. Je te laisse les derniers mots si tu veux conclure ou laisser un message aux fans français…

Et bien j’espère que les fans français aimeront ce troisième album, « Eviscérer les Dieux », je les encourage à se le procurer, à travers le label Brennus ou en Cultura ou en Leclerc, de venir nous découvrir sur scène aussi et que les gens continuent à écouter du rock, du métal, et même si c’est chanté en français, ça reste sympa, faut être curieux et défendre l’originalité.

Et bien le message sera passé ! Merci pour le temps que tu m’as donné !

De rien merci à toi !

Bonne journée !

Bonne journée !
 
Critique : SBM
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