Interview

BULLRUN (2020) - Gaël (Guitare)

Bullrun a sorti il y a quelques mois déjà un très bon deuxième EP, « Bullrun ». Entre heavy-metal classique et trash, le groupe francilien trace sa voie. Rencontre avec Gaël, guitariste du groupe.

« Ce nouvel EP arrive trois ans après « Dark Amber ». Vous avez mis longtemps pour le composer ? »


« Les deux EP sont assez différents l'un de l'autre. « Dark Amber » reproduisait ce que l'on était à l'époque. On a voulu aller vers quelque chose de plus metal. On a mis un moment avant de se repositionner. On a fait du coaching scénique à l'Empreinte à Savigny le Temple ce qui nous a beaucoup aidé. On a travaillé là-bas sur les outils de composition, sur l'approche de la scène. On a ensuite mis en pratique que ce que l'on avait appris. On a commencé à penser à « Wilderness » début 2019 et on l'a enregistré cet été là. »

« Votre musique est entre heavy classique et trash. »

« Lorsque nous avons commencé le groupe, on était dans l'idée de faire un truc de rock sudiste à la Lynyrd Skynird, Molly Hatchet. Pendant quatre, cinq ans nous avons fait du rock. On a encore du mal à se dire que l'on fait du metal. La production n'est plus la même. »

« Votre musique fait très Metallica première période. »

« C'est exactement cela. On a commencé la musique avec eux. J'ai appris la guitare avec « Master of Puppets. »

« Le chant sur « Redemption Day » est d'ailleurs très James Hetfield. »

« Remy ne se cache pas de cette référence. C'est l'une des sources de son inspiration, source qui ne l'a jamais quitté. Lui et Lemmy. »

« Le clip de « Fire and Hate » est très réussi, très pro. »

« On a une vision artistique. Julien Metternich qui l'a réalisé est un passionné. On a pas à rougir de nous lorsque l'on regarde ce clip. Le tournage a été épique. Il faisait un super cagnard ce jour-là et à 6h du mat un immense orage a éclaté. Cela donne ses effets qui semblent fantastiques mais qui sont réels. »

« Ce que vous proposez est super carré et efficace. »

« Lorsque l'on compose un morceau, on pense à la façon dont il sonnera live, si on peut le réaliser live. Grâce aux samples on fait ce que l'on veut. Cela apporte une dynamique aux titres. »

« Dans vos morceaux les solos sont courts et parfois il n'y en a même pas. »

« Oui il n'y en a pas dans « Fire and Hate » par exemple. Le morceau offre ce qu'il a à offrir. Il n'y en avait donc pas besoin de solo. Sur « Roll your Dice » il y a au contraire un long solo mais cela s'y prête. Un solo raconte quelque chose. J'accroche particulièrement sur la mélodie. L'aspect mélodique sera toujours important chez nous. »

« Je croyais que le nom du groupe venait d'un programme de la NSA. C'est en fait une bataille de la guerre de sécession. »

« C'est aussi une course de bagnoles. Vu que l'on faisait du rock sudiste, on voulait un nom qui colle au genre. Il n'y a rien d'idéologique là-dedans. Même si on a abandonné ce style il y a néanmoins quelques leads sudistes sur « Redemption Day ». On aime la country rock des 70's. Nous sommes fans de JJ Cale. »

« La pochette fait très SF 80's. »

« Oui elle a un côté « Blade Runner ». C'est Slo Sombre Bizarre qui a fait l'art-work. Cette pochette représente un train qui fuit la ville. Le EP parle du sentiment de solitude. C'est comme un retour à un état primitif. »

« Le EP est sorti en physique ? »

« Oui. On tient à ce format. Le public aime acheter les CD, les tee-shirts aux concerts même s'il n'y en a malheureusement pas actuellement. »

« Vous vivez mal le fait de ne pouvoir faire de live ? »

« Oui c'est affreux. Notre musique est conçue pour la scène. On a pas envie de faire de live streams même s'il y en a des bien. J'en ai vu un excellent de Lamb of God récemment. Cette période oblige à être créatifs. On réfléchit à ce que l'on va pouvoir proposer. On travaille actuellement sur un lyrics vidéo et on fera peut-être des concerts accoustiques.»
 
Critique : Pierre Arnaud
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