Interview

SCRTCH (2021) - Groupe au complet

Le duo maubeugeois nous offre deux ans après l’excellent Ep « Intro » sorti en 2019 de ses nouvelles avec un single : Möther/Sümmer. L’occasion idéale pour les rencontrer.

« Vous aviez sorti un EP en 2019. Pourquoi l’idée d’un single aujourd’hui ? »


« A l’origine avant la pandémie on avait l’idée d’un nouvel EP. Les live ont été stoppés. On devait faire un seul morceau clippé mais on en avait un autre en réserve. Les deux morceaux expliquent bien la dualité, du coup on les a rassemblés dans un single. Nous sommes dans une époque de consommation. Le format single est adapté à cela. On a toujours aimé ce format. Nous aurions pu ne faire que des singles. »

« Cela sortira en digital, en physique ? »

« En vinyle. On a fait un tirage limité de 50 vinyles et tee-shirts. On a voulu travailler une identité pour ces deux titres. »

« Vous êtes un groupe noise mais pas que. »

« C’est vrai. Nous ne sommes pas que noise. Quand on pense à la noise, on pense à Metz. On s’amuse avec le bruit mais ce n’est pas notre outil de travail principal. Nous aimons le grunge, le rock psychédélique, tout ce qui est un peu brutal. »

« Il y a aussi un côté post-punk chez vous. »

« Tout à fait. Idles nous a mis une claque. Tout le monde s’est un peu engouffré là-dedans. Mais on a également des influences stoner à la Queens of the Stone Age. »

« Mother » est un morceau sur les mères ? »

« Sur la symbolique de la mère. Cela parle du désespoir lorsque que tu n’es pas écouté. La mère est la figure rassurante. Lorsque l’on a plus de force la mère peut toujours avoir celle de venir vers toi. Même si la mère peut ne pas entendre, on sait qu’elle sera là. »

« De quoi parlent les morceaux ? De l’éducation ? »

« Les deux titres se répondent. C’est une interrogation pour le premier, une réponse pour le second. Cela parle en partie d’éducation, oui. On s’interroge sur l’opinion. Toutes les opinions sont bonnes à dire, toutes ont le droit d’exister. »

« Il y a un message derrière ? »

« Oui et non. Nous n’avons pas de vérité à délivrer. Les gens peuvent penser comme ils veulent. Nous ne sommes pas un groupe politique. Nous sommes dans l’émotion pure. On laisse à chacun son libre arbitre. S’il y a un message, il est ouvert. »

« L’émotion semble très importante chez vous. »

« Elle l’est. Nous sommes tous deux meilleurs amis mais très différents, l’un terre à terre et l’autre aérien. On parlait de Idles tout à l’heure. Ils viennent de Bristol, ont galéré et ont de ce fait des choses à raconter. C’est aussi cela l’émotion. »

« Vous avez fait de grosses premières parties. Comment étaient-ce ? »

« C’est plus dur à bien sonner sur de grosses scènes. Le son est plus dur à retranscrire. On va retravailler le son pour les live et également faire des captations vidéos. »

« Vous avez sorti deux EP. Vous pensez à un album ? »

« Oui. On a plusieurs titres déjà prêts et la ligne directrice. Nous sommes en recherche. Nous sommes convaincus de la justesse des morceaux. On compose pas mal en ce moment. »

« Ce sera dans le même style ? »

« Globalement oui mais on a aussi des titres plus mélodieux. Des morceaux plus calmes aussi. Il y aura des titres courts et violents et d’autres de sept minutes. »

« Vous semblez ambitieux. »

« Tout a déjà été dit en musique donc nous voulons sortir du lot. Certains albums nous ont marqué car ils ont une histoire. Nous sommes fiers de ce que nous faisons. »

« Vous cherchez des concerts ? »

« Pas plus que cela. Si on peut jouer cet été, on jouera mais on sait déjà que le vinyle ne sera pas défendu sur scène. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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