Interview

WRATH OF THE NEBULA (2022) - Groupe

Avec « The Ruthless Leviathan » Wrath of the Nebula vient de sortir un excellent album de death symphonique. Un album qui mélange les genres, à la technique impressionnante. Entretien avec un groupe ambitieux et novateur.

« Vous avez fondé ce groupe en 2018, c’est cela ? »


« Oui, cela a commencé sous la forme d’un duo. De fil en aiguille on a développé le projet. On a fait appel à Kevin Paradis pour faire les batteries de l’album. Le Covid a un peu stoppé les choses puis on s’y est remis fin 2020 en composant de nouveaux titres. »

« L’album est-il un concept-album ? »

« En partie mais pas totalement. « Metropolis part 2 » de Dream Theater est un pur concept-album par exemple et ce n’est pas le cas ici. Chaque titre de l’album a son identité propre. On ne parle pas d’une même chose du début à la fin. On parle notamment d’une thématique qui est celle de la recherche d’une vie extraterrestre, de la recherche d’autres civilisations. Nous avons, nous humains d’aujourd’hui, des liens avec les anciennes civilisations. Les Annunaki dont nous parlons ont exploité les êtres humains pour leurs propres besoins. »

« Est-ce que cette thématique fait écho à ce qui se passe aujourd’hui ? »

« Quand on parle de l’apport des Annunaki, ce sont des gens qui ont développé l’apprentissage des mathématiques, de l’astronomie. Ils ont découvert des choses que nous n’avons découvert que par l’usage de télescopes, et ce bien plus tard. Ils avaient une manière de vivre très hiérarchisé. »

« Cette civilisation a-t-elle vraiment existé ? »

« On ne sait pas si elle a existé ou pas, mais il y a des pistes sérieuses qui pensent qu’elle a existé. »

« L’album ne parle pas que de ce sujet ? »

« Non. Il y a des titres qui parlent d’autres choses. Nous avons un discours un peu différent de ce qu’il y a dans le metal en général. Il y a des gens qui ont eu des souvenirs d’événement dans leur sommeil avec des extra-terrestres. On s’inspire de cela. »

« Musicalement vous êtes un groupe death mais pas du tout un groupe de death typique. »

« Les morceaux de l’album ont une identité particulière. La première couche musicale donnait un premier univers. On a écrémé en studio. On a du chant metal mais aussi du chant chanté. Le chant et la guitare se répondent en permanence sur le disque. Les parties de batterie de Kevin Paradis collent parfaitement à ce qui avait été composé. On a fait l’album au Vacamara Studio. Notre death a pris là-bas une tournure plus symphonique. »

« Vous êtes influencés par un groupe comme Septicflesh ?»

« Oui bien sûr. Nous aimons leur côté grandiose et imposant. »

« Il y a dans ce disque un côté très technique. »

« On ne le voit pas comme ça. Certaines parties demandent du travail mais comme dans tout. Chaque nouvelle vague du metal veut aller plus vite, plus loin mais nous sommes restés dans ce que nous savons faire. Ce projet a été fait pour se faire plaisir. L’idée a été de faire les morceaux que l’on voulait faire sans penser aux contraintes techniques. C’est une musique exigeante mais il y a plus technique que nous. Necrophagist ou Archspire sont des groupes très techniques par exemple. Nous ne le sommes pas, en tout cas nous ne sommes pas démonstratifs.»

« Vous êtes presque inclassable musicalement. »

« On fait de la musique pour se faire plaisir. Tout ce que l’on a pu accumuler comme connaissance au cours de notre carrière dans le passé nous a nourri. On fait de la musique metal parfois brutal parfois mélodique parfois symphonique. »

« La pochette représente bien la complexité de votre musique, je trouve. »

« Elle montre un être qui est quasi l’égal d’un Dieu. On sait que l’on a affaire à un album de metal en la voyant mais on ne sait pas à quel genre on aura affaire. »

« Il y a des dates prévues après la sortie du disque ? »

« On va monter un vrai spectacle. Nous allons donner une identité visuelle forte au projet. Nous pensons au light-show, à la vidéo. On bosse là-dessus en ce moment. On a tourné deux clips récemment qui sont dans cet esprit-là. On a également un projet de live sans public dans des décors qui se prêteront à notre imagerie. En règle générale c’est vrai que la règle c’est de sortir un album puis de tourner mais nous ne sommes pas dans cette optique-là.»

« Wrath of the Nebula est un projet très ambitieux. »

« Nous voulons faire les choses du mieux que l’on puisse faire. Nous n’avons plus vingt ans. Donc on met une vraie énergie dans ce projet en sachant clairement où nous voulons aller. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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