Interview

ACOD (2022) - Jérôme (Basse / Guitare)

Quatre ans après l’excellent « The Divine Triumph » les Marseillais de Acod nous reviennent avec un sublime « Fourth Reign Over Capacities and Beyond ». Un album entre death et black, beau, lourd et sombre. Entretien avec Jérôme, bassiste et guitariste du groupe.


« Votre nouvel album « Fourth Reign Over capacities and beyond » vient tout juste de sortir. Le précédent « The Divine Triumph » date de 2018. Pourquoi a-t-il fallu attendre aussi longtemps pour lui voir un successeur ? »


« On a beaucoup tourné pour « The Divine Triumph ». On a commencé à composer pour le nouvel album dès 2019. Et puis malheureusement le Covid est arrivé. On a pensé à sortir l’album à ce moment -là mais c’est comme s’il avait été mis à la poubelle. Les gens n’avaient pas l’esprit à la musique durant cette période et cela se comprend. On a donc attendu la fin du Covid pour sortir le disque. Celui-ci a deux ans de retard. Le plus tôt pour le sortir c’était maintenant. »

« Vous avez signé pour cet album avec les Acteurs de l’ombre. N’est-ce pas étonnant pour un groupe que de passer de Sony aux Acteurs de l’ombre et ce même si ces derniers sont un excellent label ? »

« Certaines personnes nous ont dit vous retournez dans l’underground. Après il faut voir le deal que tu as. Sony c’est sûr c’est une grosse force de frappe. Mais le contrat que l’on avait avec eux ne concernait que l’Hexagone. Impossible du coup de développer l’album hors des frontières. Avec une major comme Sony tu passes par certains réseaux mais pas d’autres. Ton album est super bien distribué mais peut-être pas dans les réseaux qui correspondent le mieux à ta musique. »

« Est-ce parce que vous avez signé chez les Acteurs de l’ombre que le disque a une coloration plus black ? »

« Pas du tout. Le disque était déjà terminé, composé, mixé, mastérisé quand on a signé avec eux. Le deal s’est fait alors que le disque était déjà fini. Nous n’avons pas essayé de colorer l’album de telle ou telle nuance pour entrer chez tel ou tel label. Il y a une touche black chez nous c’est vrai mais nous ne faisons pas un black froid à la Mayhem ou Burzum. On ne se considère pas black pur et dur même si nous avons des sonorités black. On connaissait le boss des Acteurs de l’ombre qui est un ami. On lui a dit que nous étions à la recherche d’un label. Il nous a répondu vous sortez de chez Sony, qu’est-ce que je peux vous apporter ? Mais un gros label ce ne sont pas que des choses positives. Il y a des groupes qui ont splitté du fait d’être sur une major. Ce qui est dur, par exemple, c’est que « The Divine Triumph » appartient à Sony, pas à nous. Après il y a bien sûr des choses positives. Sony a été un énorme pied à l’étrier : on a appris comment produire un disque, on a gagné de l’expérience. On a eu une très bonne promo, un super son, de supers clips. »

« Comment cela se passe avec les Acteurs de l’ombre ? »

« Super bien. C’est un label underground mais les mecs sont à fond dans le truc. Ils nous supportent. Chez Sony il y avait pas mal de problèmes de communication. »

« Fourth Reign over capacities and beyond » est la suite de « The Divine Triumph” ?

« C’est cela. Ce sont les premiers et deuxième volet d’une trilogie. On voit cela sur l’arttwork. On a déjà commencé à travailler sur le troisième. On a aussi profité de la période Covid pour enregistrer un autre album qui ne sera pas le troisième volet de la trilogie. C’est un disque assez étrange musicalement avec notamment un titre de vingt minutes. Il est prêt. On le sortira l’an prochain ou dans deux ans. »

« Comme je te disais je trouve ce disque très black. »

« Il y a eu maturation au niveau du style. Nous n’avons pas composé le précédent dans les mêmes conditions. C’est vrai que ce disque est plus sombre que le précédent. »

« C’est très black/death en fait. »

« C’est vrai. Le death est une musique violente. Pour cet album on a joué avec des accordages bas. On a voulu un album avec des parties dynamiques et une ambiance black. On voulait quelque chose qui est un côté envoûtant. »

« Cela m’a parfois fait penser au black sympho de Septicflesh. »

« Je connais Septicflesh. C’est un groupe que je respecte. Beaucoup de gens nous ont dit cela, tu n’es pas le premier. Cela vient peut-être du fait des orchestrations ou des côtés mélos. Mais même si nous respectons Septicflesh nous sommes plus influencés par Emperor ou Morbid Angel. »

« Vous écoutez quoi dans Acod ? »

« On écoute plein de trucs. Cela va de Carcass à Darkthrone. Des trucs dans le créneau black/death. On a grandi avec des albums de death. Le line-up au début du groupe était plus orienté death que nous ne le sommes aujourd’hui. »

« Vous n’êtes plus que deux dans le groupe aujourd’hui. Pourquoi ces changements de line-up ? »

« Quand tu passes d’amateur à pro il y a des concessions à faire que certains ne veulent pas ou ne peuvent pas faire. On est deux aujourd’hui effectivement, un qui s’occupe de la musique, l’autre des paroles. »

« Il y a des concerts prévus au moment de la sortie du disque ? »

« C’est un peu saturé à ce niveau en ce moment. On table plus sur 2023. Mais on va jouer à Brno en République Tchèque dans le cadre d’un festival et à Nice bientôt. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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