Interview

CONAN (2022) - Chris Fielding (Batterie)

Depuis leurs débuts il y a quinze ans et leur premier album « Monnos » il y a dix ans, Conan s’est imposé comme l’une des formations européennes de sludge-doom européenne. La preuve encore cette année avec l’excellent « Evidence of Immortality ». Entretien lors du Tyran Fest avec leur fort sympathique batteur Chris Fielding.

« Vous avez sorti un nouvel album cette année, « Evidence of Immortality ». Cela sonne comme du Conan mais il y a toujours chez vous la volonté de se renouveler ».


« Chaque album de Conan possède sa spécificité. On ne se dit pas on veut sonner comme ça ou comme ça. Sur ce disque on a voulu retourner à notre son d’origine, un son très lourd et puissant. On a chacun nos influences dans le groupe. Et chacun de nous trois amène sa patte. »

« Conan est souvent considéré comme doom mais vous n’êtes pas que cela. Le sludge est très présent dans ce que vous faites. »

« Oui tout à fait. Mais si la plupart des groupes sludge ont une influence blues dans les riffs Conan n’a pas cela. J’ai appris la guitare avec Hendrix, Clapton mais Jon n’a jamais eu cela. Du coup son son sludge est différent du son sludge « classique ». Conan est sludge avec une énergie punk. »

« La batterie n’a pas le côté doom classique. »

« C’est juste. Il y a un côté groove dans la batterie de Conan que tu ne trouves pas dans le doom. Les gens qui sont fans du doom classique, de groupes comme Candlemass peuvent être surpris par notre son. »

« Et l’influence stoner a un peu disparu. »

« Il y avait un peu cela au début. J’adore des groupes comme Kyuss ou Fu Manchu mais Conan n’est clairement pas un groupe stoner. »

« Vous avez souvent changé de line-up. Est-ce pour cela que vous avez évolué musicalement ? »

« Totalement. Je suis dans Conan depuis une dizaine d’années après avoir été ingénieur du son et producteur pour le groupe. L’album que nous avons sorti cette année est le second avec le même line-up. Nous vivons chacun dans des endroits différents : Irlande, Pays de Galles donc nous ne nous voyons pas souvent mais il y a une bonne synergie entre nous. On avait commencé les demos pour le nouvel album en 2019 après notre tournée avec Max Cavalera. »

« C’est marrant que vous ayez tourné avec lui. Votre musique est très différente de la sienne. »

« C’est vrai mais les réactions ont été très bonnes. Cela a été une super expérience. »

« Vous avez sorti un live l’an dernier : live at Freak Valley. C’était pour combler les fans qui ne pouvaient plus vous voir live ?»

« En partie oui. Jon m’a dit que nous avions cet enregistrement live. Nous l’avons écouté ensemble : ça sonnait bien. Je l’ai mixé et Napalm l’a sorti en double album. On l’a sorti car on ne pouvait plus jouer live. »

« Vous avez enregistré le nouvel album rapidement. »

« Oui en neuf jours. Les idées arrivaient vite. Cela a été assez intensif. »

« Vous avez beaucoup tourné pour l’album ? »

« Nous avons tourné au Canada, fait pas mal de festivals cet été. »

« Vous venez de jouer au Tyran Fest. Comment était-ce ? »

« Très cool. L’affiche était super. On a joué dans pas mal de festivals de metal extrême cette année, des festivals équivalent au Tyran Fest et cela nous va très bien. Même si nous ne sommes pas death-metal ou black metal les gens aiment notre son très lourd. Et puis personnellement j’adore le black metal. »

« Vous êtes sur Napalm depuis un moment. Vous allez continuer chez eux ? »

« Cet album est le dernier dans le contrat qui nous lie avec eux. On verra pour la suite. On avait resigné avec Napalm il y a quelques années avant que notre précédent contrat n’arrive à expiration. On a eu plein de presse pour ce disque ce qui montre que les gens du label bossent très bien. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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