Live Report

MENNECY METAL FEST 2021 - JOUR 1 - 10/9/2021

 
Septembre 2021 ne donna pas uniquement le top départ de la rentrée des classes mais aussi celui d’une vraie reprise des concerts, avec un premier festival en bonne et due forme, et donc ô combien attendu : le Mennecy Metal Fest, pour une édition reprenant l’affiche de 2020 avec quelques ajouts, et à l’extérieur pour respecter les protocoles sanitaires et une jauge de spectateurs importante. Trois jours de concerts variés et sur deux scènes, la Mainstage et la Eye Stage, consacrée aux groupes du label MusikÖ Eye.
Journée de travail oblige, j’ai dû faire l’impasse sur les deux premiers groupes de la soirée, Chaos ET Sexual et Octane. Si le temps avait été plus clément j’aurais certainement aussi loupé Akiavel mais, gros coup de bol pour moi, tous les concerts ayant dû être décalés d’environ une heure à cause du déluge, j’ai pu être alpaguée par le son extrêmement accrocheur d’Akiavel sitôt mon pass photo récupéré ! Dès les premières minutes sur place j’ai eu un coup de cœur pour ce groupe du Sud de la France totalement inconnu à mon bataillon et qui m’a aussitôt convaincue avec ses sonorités mêlant brillamment death mélodique, thrash, black et hardcore. La chanteuse Auré a une voix remarquable de puissance, avec un growl dans la veine de Jinjer ou Arch Enemy, c’est le genre de frontwoman super badass qui est captivante à regarder et écouter et qui donne vraiment tout ce qu’elle a au public, avec des mimiques et une gestuelle on ne peut plus expressives. Le bassiste et le guitariste n’étaient pas en reste avec des riffs vindicatifs et un jeu de scène à la fois habité et chaleureux. Les membres du groupe semblaient vraiment en symbiose, ce qui renforçait l’effet de chaos et de folie produit par le tsunami Akiavel. J’ai dû me forcer à m’extraire du pit photo pour ne pas remplir une carte SD rien qu’avec leur set – et à défaut j’ai plutôt vidé mon porte-monnaie en allant acheter non pas un mais deux t-shirts sur leur stand de merch’, car non seulement ils envoient du lourd sur scène, mais en plus leurs artworks sont magnifiques. Carton plein pour cette première découverte du jour !
Place ensuite au groupe de power metal teinté de heavy Masterplan, qui officie depuis 2002, et a connu moult changements de line up au fil des ans. L’on aurait pu croire qu’il serait délicat d’enchaîner après un tourbillon comme Akiavel, avec un groupe un peu moins déjanté et somme tout plus calme, mais les routards de Masterplan, forts de leur longue expérience scénique, ont réussi à mettre une ambiance éminemment sympathique et à délivrer un show très agréable et convivial. Les musiciens ont déroulé un set sans accroc ni temps mort, interagissant pas mal entre eux ainsi qu’avec le public, nous lançant des blagounettes dans un français approximatif (bel effort qui fut apprécié), bref ce fut un concert très plaisant et qui a semblé ravir le public – petit bémol sur le monochrome bleu, mais là c’est la photographe qui parle…
Premier petit tour devant la Eye Stage pour passer quelques minutes devant Clegane, un trio de doom oscillant vers le stoner, moyennement charismatique, dans des lights soit toutes bleues soit toutes rouges, tantôt sans paroles tantôt laissant entendre des paroles incompréhensibles et quelques « Aaaaaaaaaaah » échappés de la large bouche ouverte du chanteur, qui lança au public « On est Clegane, on est très contents d’être là », chose qui méritait d’être mentionnée car c’était absolument invisible à l’œil nu. Sur ce, ne pouvant pas avoir systématiquement des coups de cœur à chaque set, et la balance étant un peu trop aléatoire à mon oreille, je suis partie faire un petit tour des stands : Above Chaos de Vincent Fouquet, concept des Headbanger Box, amplis Invaders Amps, Bertrand Alary qui signait son livre « Metal : 40 ans de musique puissante », stands de bijoux (mais j’ai été suuuper raisonnable et je n’ai même pas regardé), t-shirts divers et variés… Une portion de frites merguez et un coucou aux bénévoles plus tard et c’était reparti.
Et pour un concert que j’attendais de pied ferme : celui de No One is Innocent, le groupe que j’avais le plus hâte de voir ce jour-là. Même si je n’avais quasiment pas écouté le groupe de rock et heavy metal parisien depuis Révolution.com, datant de mon lycée (cela ne nous rajeunit pas ma bonne dame), leur réputation de bêtes de scène m’avait donné très envie de les voir se produire sur scène. Le public était nombreux et au taquet pour leur arrivée, et l’ambiance fut immédiatement électrique et survoltée ! Il faut dire que les musiciens ne tenaient pas en place, le chanteur Kemar en tête, comme monté sur ressorts et avec une détente sèche presque surnaturelle : ses sauts en hauteur, ses gesticulations, sa verve engagée et ses interventions entre les morceaux, le tout sur des lumières changeantes, parfois stroboscopiques, formaient un ensemble saisissant et assez irréel. Les pogos, circle pits et slams allaient bon train évidemment, le public reprenait les refrains de « Silencio » ou « Charlie » (titre hommage aux attentats de Charlie Hebdo), bref un temps fort du fest pour pas mal de personnes je pense, pour les fans de la première heure de No One is Innocent comme pour les spectateurs conquis par l’énergie incommensurable des membres du groupe, notamment les bondissants Kemar, Shanka et Popy.
Avant le concert de Phil Campbell je suis retournée voir ce qui se tramait sur la Eye Stage, et j’y ai découvert nuitamment Heavyction (un groupe à éviter donc ?), mais je n’ai pas été super réceptive au death thrash du quatuor, le son m’a paru un peu brouillon, la prestation un peu statique, puis j’ai été un peu dérangée par la go-pro placée sur scène face au chanteur (d’autant qu’au vu du nombre de photographes et vidéastes présents, en plus de pas mal de personnes qui filmaient dans le public, il y aurait sûrement eu un nombre suffisant de captations à récupérer sans avoir à placer un trépied à un endroit pénible pour les spectateurs et cassant un peu l’immersion), du coup je n’ai pas insisté plus que cela…
Last but not least, la tête d’affiche du soir était Phil Campbell and the Bastard Sons. Quel est le point commun entre Phil Campbell and co et Henri Dès and Ze Grands Gamins selon vous ? Ce sont tous les deux des groupes formés par un papa star, que j’ai vu pour la première fois en festival (Motocultor 2019 pour Henri Dès), et par ses fistons pour majeure partie des membres. Ici bien sûr le membre star de la formation, et lui ayant donné son nom, est le mythique guitariste Motörhead, Phil Campbell. Un des fils bâtards, Todd, manquait à l’appel pour cause de coronavirus, et le chanteur était un petit nouveau, Andrew Hunt, venu remplacer Neil Starr, le vocaliste originel. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre avec Phil Campbell et sa clique, et je n’ai pas ressenti grand-chose, n’étant déjà pas plus fan que ça de Motörhead, et encore moins des reprises, à moins qu’elles révolutionnent vraiment les chansons originales… Ce qui n’était pas le cas ici, avec une interprétation finalement un peu plan-plan de pas mal de titres revus mais comme des copies conformes un peu moins pêchues et moyennement habitées. Peut-être qu’avec un membre en moins et un chanteur fraîchement arrivé la bande n’avait pas encore totalement trouvé sa dynamique, toujours est-il que j’ai trouvé la prestation un peu mollassonne, même si pas désagréable, mais en tout cas forcément un peu terne après des claquasses comme Akiavel et No One is Innocent.
 
Critique : Elise Diederich
Date : 10/9/2021
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