Live Report
BEAST IN BLACK - La Maroquinerie - Paris - 3/3/2019

A ce stade, il y a un constat à poser directement. Les groupes scandinaves sont plus forts en tout. A l’époque où on luttait encore pour déménager des armoires normandes il avaient déjà Ikea et Lego, et même bien avant ça, quand nos caravelles étaient le dernier cri du voyage autour du monde ils avaient déjà des drakkars transatlantiques depuis un nombre d’années à plusieurs zéros. Certes, c’est loin mais, comme un meuble en pièces détachées, la Scandinavie ça démonte. (Oui, ce fut long mais j’ai réussi à le placer donc maintenant je suis content). Bref, même avec un chanteur grec ça reste un groupe finnois de première catégorie et ils l’ont prouvé à leur public en mélangeant savoureusement leurs deux albums pour une petite vingtaine de titres oscillant entre power Metal et pop synthé (alors que sur scène pas de synthé, c’est presque dommage, on prendrait bien un petit solo de Keytar pour ajouter au côté 80’s eurovision Metal assumé de la formation).
Chose marrante vu le côté très pop (on est pas loin du Europe de « the Final Countdown ») on pourrait s’attendre à un public de « débutants » du Metal, attirés par le côté pop festif entrainant du groupe qui empile les hymnes héroïques comme d’autres empilent des assiettes au cirque de Pékin (c’est-à-dire avec une décontraction quasi-insultante pour le commun des mortels alors qu’on voit bien que c’est pas facile du tout). Et ben, dans la salle on a plutôt du rôliste de 20 à 50 ans (la tranche d’âge moyenne du joueur de grandeur nature en fait), du metalleux pointu avec des t-shirts arborant les couleurs de groupes divers et variés parfois impossibles à lire sans une pierre de rosette et un manuel d’herboriste, bref ça ratisse large et tout le monde semble venu pour la même raison : se faire la boum Metal du siècle. D’ailleurs, la déco de scène est à la hauteur du kitsch revendiqué, mode crânes lumineux de farces et attrapes, entre train fantôme des années 80 et fête d’Halloween pour les dix ans du cousin Kevin. On aura même droit à un morceau en camisole avec lunettes qui font tourner le titre du morceau (à votre avis ? « Crazy, Mad, Insane » bien sûr), et qui font penser qu’en termes de déguisements si on leur laisse 15 ans et un budget ils pourront peut-être réussir à faire aussi bien qu’Alice Cooper à la fin des années 80 (Dieu quoi). Heureusement sur « Blind And Frozen » ils nous ont évité la robe de la Reine des Neiges et la canne blanche. Sans rire à un moment j’ai eu peur que ça arrive.
Alors Beast in Black, avec tout ce qu’on pourrait leur reprocher et qu’ils embrassent avec force (même quand les claviers feraient passer le générique de Supercopter pour du Wagner) est un très bon groupe de scène, rôdé comme une machine de guerre et jouant pleinement son rôle de révélation permanente de l’amour du kitsch Metal.
Ah oui au fait, rien à voir le groupe de première partie qui pratique une espèce d’indus mélodique à plusieurs voix (harmonisées) est un bijou (baroque). Ca s’appelle TURMION KÄTILÖT (oui j’ai fait copier-coller) et ça méritait le détour même si leur seul point commun est de venir du même pays que Beast in Black. Sinon c’est un peu comme si Ministry avait ouvert pour Stryper… Le public venu pour autre chose a eu la même réaction enthousiaste et la vraie surprise, soyons clair, c’était eux.
Donc on a passé une bonne soirée et j’attends juste avec impatience que les Beasts embauchent un vrai clavier, avec un ventilo dans les cheveux idéalement, ce serait parfait.
Critique : Thomas Enault
Date : 3/3/2019
Date : 3/3/2019
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