Chronique

KEEP OF KALESSIN - REPTILIAN / Indie Recordings 2010

Les Norvégiens sont le groupe à suivre en ce moment. Le metal extrême de Keep Of Kalessin devient plus heavy et attirera forcément un nouvel auditoire. Les fans de la première ne devraient pas décrocher non plus, même si certains risquent de trouver la nouvelle trajectoire du groupe un peu « plus accessible » et donc forcément « plus commerciale ».
Ce « Reptilian » risque donc de vous envenimer jusqu’à la moelle. En tout cas, votre serviteur a été rapidement contaminé.

Mixé de main de maître par Daniel Bergstrand (In Flames, Meshuggah, Behemoth), cet album possède vraiment une ambiance bien particulière tout en gardant les morceaux uniques et bien distincts les uns des autres. Ajoutez à cela une pochette d’album en totale adéquation avec le titre de cet opus et vous obtenez un brûlot de qualité.
On démarre par “Dragon Iconography”. Un morceau de plus de sept minutes, autant dire les Norvégiens veulent frapper fort et d’entrée. Et c’est réussi ! Ce titre fait d’ailleurs partie des tous meilleurs de l’album. Introduction instrumentale longue, à la fois entraînante et puissante, puis le chant hargneux de Thebon rappelle que le combo n’est pas là pour laisser son auditeur tranquille et, ce, même si le riff principal sonne très rock n’ roll. Les variations sont assez nombreuses pour que l’on ne s’ennuie pas tout au long de ce titre. Une belle entrée en matière. On enchaîne avec “The Awakening” et ses huit minutes de death à la Death. Mais vu que Keep Of Kalessin ne fait pas les choses aussi « facilement » qu’il le pourrait, le groupe nous balance des choeurs tonitruants en plein milieu de morceau. Dur de continuer après deux telles bombes ? Que nenni ! En effet, “Judgement” se trouve être le meilleur titre de ce Reptilian. Une rythmique d’intro qui dépote, des riffs tranchants, un chant énervé, des passages rapides, puissants, entraînants, bref du lourd, du très lourd !
On passe désormais à un titre très tendancieux, à savoir “The Dragontower”. Effectivement, s’il ne passe pas inaperçu à vos oreilles, c’est que ce dernier a été présenté cette année à l’Eurovision. Oui ce même Eurovision gagné par Lordi en 2006. La Finlande a donc fait des émules et Keep Of Kalessin a été parmi un concurrent de haut standing pour la Norvège. En finale de qualification, les metalleux ont terminé à une très honorable troisième place. Le morceau est, forcément, le plus accessible, mais la qualité est là. Thebon garde son chant énergique et violent, mais les riffs et le refrain sont beaucoup plus mélodiques que sur les autres titres.
Comme pour dire à ses fans de la première heure « nous sommes toujours les mêmes », KOK nous balance un “Leaving The Mortal Flesh” bourrin à souhait. On change de nouveau de registre avec “Dark As Moonless Night” doom comme jamais. Ici, une ambiance lourde et malsaine prédominent, même si le refrain reste mélancolico-mélodique.
Avant dernier titre de cette galette “The Divine Land” est également assez mélancolique avec ses chœurs très langoureux. Les couplets quant à eux principalement instrumentaux font la part belle à Obsidian C (guitares) et Vyl (batterie) qui malmènent leurs instruments respectifs comme des damnés. Dommage que cet enchaînement avec “Dark As Moonless Night” ralentisse la fin de l’album.
Heureusement, la bête n’est pas morte et ce “Reptilian Majesty” en est la preuve. Plus de quatorze minutes (!) de metal extrême où s’entremêlent rythmiques rapides, chant agressif et passages plus « modernes ». En effet, le milieu du titre dénote complètement de ce à quoi nous avaient habitué les Norvégiens, à savoir des parties très « futuristes » teintées de synthé et qui rappellent l’excellent « Cybion » des Frenchies de Kalisia.

Conclusion : laissez-vous tenter par la morsure de ce « Reptilian » !
 
Critique : Secret Sfred
Note : 8/10
Site du groupe : Myspace official du groupe
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