Chronique

GOJIRA - L'ENFANT SAUVAGE / Roadrunner Records 2012

Dans un style sans réelle étiquette, GOJIRA a réussi à s’inscrire dans l’histoire du métal, a créer une mini révolution à la sortie de chacun d’entre eux, et plus que tout, à faire valoir le talent des groupes français. Quatre longues années se sont écoulées depuis « The Way of All Flesh » qui les a propulsé au rang au dessus parmi les groupes les plus importants du métal extrême, et leur signature chez Roadrunner Records nous laisse espérer que l’ « Enfant Sauvage » va se donner les moyens d’être à la hauteur.

Le premier titre « Explosia » est très représentatif de l’album dans son ensemble. L’intro et les deux minutes qui la suivent nous plongent dans un son tortueux au possible et une sorte de lourdeur hypnotique va s’installer jusqu’à ce qu’à un passage plus calme où elle se poursuit dans une atmosphère apaisante qui laisse place à une voix ultra travaillée de Joseph Duplantier. Le morceau nous emmène ensuite sur deux minutes et trente secondes d’hypnose instrumentale qui rappelle exactement le finish de « The Art of Dying » du précédent album, c'est-à-dire une répétition quasi infinie du même motif dont le thème est éloigné du morceau de départ. C’est donc signé, l’album sera certes brutal, mais surtout très travaillé au niveau des atmosphères.
« L’Enfant Sauvage » va quand même nous réveiller avec fracas sur un riff complètement fou portée par une batterie aux vibrations si typique de nos béarnais. La voix nous plonge dans une ambiance qui respire la détresse pour nous envoyer direct après dans quelque chose qui respire le chaos. Un morceau incontournable qui méritait effectivement d’en faire un single.
« The Axe » et « The Liquid » auront deux façon bien distincte d’alterner puissance et hypnose jusqu’à l’interlude « The Wild Healer » qui vous enfoncera dans votre canapé, votre lit ou n’importe quel support sur lequel vous vous reposerez.

La deuxième partie de l’album reprend « Planned Obsolescence » qui démarre en trompe avec du bon Gojira à l’ancienne marqué par une batterie complètement frénétique et tribale, mais qui reprendra le fil directeur pour mourir sur une note enivrante et hypnotique. Schéma répété par « Mouth of Kala », lourd, sombre et magistral.
Au-delà de la musique, les textes sont réellement sublimés et tournent sur les thèmes chers à Gojira comme l’écologie, certes, mais l’ensemble est réellement dominé par la condition humaine et la place de l’Homme dans la société. « The Gift of Guilt » en est le parfait exemple et parle du poids que peut avoir sur nous le sentiment de la culpabilité, dans un message de délivrance poignant et riche en émotion. Premier texte avec un vrai refrain, le morceau entier est une merveille à tous les niveaux. Un chef d’œuvre.
Trente neuf minutes se sont déjà écoulées depuis la première piste et pourtant on en redemande encore. Et sur l’édition limitée, il en reste encore vingt deux ! Et tous sont à déguster comme du petit lait, du nutella, ou n’importe quoi de sucré et qui vous fais dire « PUTAIN QUE C’EST BON !». « The Fall » marquera en particulier de part sa noirceur, sa lourdeur et toujours ce travail phénoménal des effets vocaux.

Enfin, s’il faudra toujours plusieurs écoutes pour apprécier tout l’univers de Gojira, L’Enfant Sauvage se veut beaucoup plus accessible que son prédécesseur. Le travail sur la structure musicale a été remplacé par un travail de fond sur la complexité des sons et des ambiances, et bien sûr un travail remarquable autour de la voix.
Certains fans pourront regretter de ne pas prendre une tarte made in Meshuggah, mais Gojira n’est pas décidé à faire deux fois la même chose. C’est ça, le vrai made in France !


CHRONIQUE BY DAVID "OVSKY" SANCHEZ

 
Critique : SBM
Note : 8.5/10
Site du groupe : Site officiel du groupe
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