Chronique

SVART CROWN - PROFANE / Listenable records 2013

Voici bien une chronique qui aurait bien pu ne jamais voir le jour. Après avoir découvert il y a quelques années, "Ages of Decay", le premier album de ce groupe français, mon PC a du redouter de retrouver un élément qu'on avait tout deux mis à la corbeille. Pourtant, le troisième opus du groupe "Profane" se placerait facilement comme la deuxième grosse sortie de Listenable Records avec The Amenta. Si les australiens se sont focaliser sur un death metal technique et arythmique, nos frenchies ont penché pour une formule un peu plus directe, mais surtout plus groooooovy. Explications...

L'album commence par une introduction instrumentale qui présente l'univers de Svart Crown. Sombre, simple, légèrement planant. "Genesis Architect" confirme tout ce registre avec un riff d'une puissance extraordinaire sur laquelle va se poser une voix rendue, sombre, sévèrement burné sans pour autant tomber dans l'excès de la filière ; cela permettra dans un temps décaler de mettre le doigt sur les paroles.

Ce qu'on va pointer en premier lieu sur les premiers morceaux comme par exemple sur l'excellent "Intern. Virus. Human" ce sont des ressemblances assez flagrances à deux groupes bien célèbres : Lamb of God et Gojira. Svart Crown compense en effet la simplicité du jeu par un groove exceptionnel et un son bien gras et très bien rythmé proche des américains. Mais au-delà de cela, le groupe développe une certaines french touch avec une atmosphère planante, chaotique, contrebalancé par un beat death metal des plus violents et que l'on sent encore mieux sur "A place of hatred and threat". C'est quelque chose qui prend aux tripes et qui donne bien envie de foutre le bordel ! Mention spéciale le bref solo de guitare de ce titre, peu technique mais qui fait mouche. Grosse gifle.

Dans ce métal très bien équilibré, on trouvera quand même un morceau bien sale, et qui bien curieusement a donné son nom à l'album : "Profane". Car si le morceau se lance bien sur une phase death catégorie "tu prends ton gros riff pleine tête", il se distingue par un tempo particulièrement lent et maintenu plus ou moins au même niveau dans les moments essentiels du morceau. Il est garni d'harmonies dissonantes et lentes, d'une atmosphère sombre à souhait et tout cela à un niveau qui n'avait pas été vu dans la première moitié de l'album. Il forme avec "The therapy of flesh" (dans une moindre mesure) le morceau le plus difficilement accessible.

Après une courte pause, c'est "Ascetic purification" qui reprend le relai. Ce titre à la signification bien particulière abouti au morceau le plus brutal et le plus court de tout l'album. 2min12. Le tarif comme on dit.

L'album se finit sur "Revelatio - Down here stillborn" qui donne réellement une impression de face B car il exploite des nuances qui ont déjà été vues précédemment sur l'album. On mettra ça, avec le petit solo qui va bien, sur l'excuse "petit plaisir perso".

Pour conclure, il y a un point qui n'a pas été abordé et pourtant il est de taille, la qualité de la production. Le travail fait à ce niveau est tout simplement exceptionnel est à la hauteur de la musique. Les instruments et les voix sont extrêmement bien rendus et profite complètement des croisements de riffs groovy avec les compos assassines de la batterie. Je découvre ici un nouveau fleuron du death metal français, déjà mûr, au sommet de son art, prêt à défendre sa musique sur scène pour espérer faire une très grosse percée à l'international. Il se pourrait bien que leur prochaine tournée aux USA soient un tournant dans la carrière du groupe. Et cela sera amplement mérité s'ils arrivent à retranscrire cette musique en live !

Tracklisting :
1) Manifestatio symptoms
2) Genesis Architect
3) Intern. Virus. Human
4) In utero - A place of hatred and threat
5) Until the last breath
6) Profane
7) The therapy of flesh
8) Venomous ritual
9) Ascetic purification
10) Revelatio : down here stillborn
 
Critique : Weska
Note : 9/10
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