Chronique

SUICIDAL TENDENCIES - 13 / Suicidal Records 2013

Si vous ne connaissez pas Suicidal tendencies, c'est que vous n'avez probablement jamais vu une planche de skate de votre vie, même pas sur console de jeux Playstation. A votre décharge, Suicidal Tendencies sort d'une très longue inactivité dans le sens où le groupe n'a rien composé d'intéressant depuis 13 longues années. 13 ressuscite l'âme du groupe pour un punk-rock de skater arrosé à la sauce heavy metal. 13 ans sans écrire, 13 titres pour se rattraper., 13 pour espérer remonter sur les planches avec quelque chose qui trou les fesses!

Quand je parle de heavy, j'exagère un peu car tout ce qu'on a qui pourrait sonner heavy ce sont quelques solos délirants et simplistes et un son un peu plus lourd que le punk moyen. Alors oui, l'album est ouvert sur un solo qui va bien de "Shake it out", mais l'esprit de Suicidal Tendencies reprend très rapidement le dessus. La voix double et twisté de Mike Muir a gardé toute sa poigne (et pour certains, son ridicule) et les riffs de guitare sont du Suicidal tout craché, pour une ambiance dance-party à l'américaine bien cliché des films pour ado. Preuve s'il en est qu'il n'y a pas que sur du rap.us et de l'électro qu'on peut bouger son boole, son body, son tas de gras.

Ceci dit, le son conserve une part de son esprit punk-pogo. "This ain't a celebration" rappelle que c'est pas la fête du slip et qu'il faut foutre un gros bordel et tout casser. Suicidal Tendencies, ça reste également des morceaux un peu plus déconnectés. Même sans Robert Trujillo (Metallica), le groupe est capable de sortir des morceaux bien groovy comme "God only knows, who I am" et "Make your stand" qui sentent la sueur et les barres de fer de gogo danseuses.

Effectivement le groupe ne s'est pas tenté d'un come back pour refournir du punk sur lequel tout le monde tourne en rond depuis des années. C'est dans un énorme élan de créativité que le groupe fournies des morceaux riches d'ambiances fun, sérieuses, sex ou feignant d'être rebelle. "Cyco style" qui reprend le mot magique du groupe est tout à fait représentatif de ce nouvel esprit et tout y est bien restitué. Travail sur la structure, détachement via un refrain débile à souhait, guitare endiablé et gros travail sur la batterie, à la limite du death/trash metal genre rien à foutre de rien. Une vraie bombe, et pour être honnête, c'est LE morceau qui permet de revenir au premiers et de mettre le doigt sur cette créativité retrouvé et le génie de cette musique directe et efficace.

Tôt ou tard il faudra vous confronter à une difficulté qui est l'écoute de "Till my last breath". On ne peut pas parler de Suicidal sans prendre en compte la dimension skate, populaire, et donc rap/fusion du rock. On est bien sûr loin du phrasé de Rage Against The Machine, mais le groove et les vibrations skates urbains est incontestable. La basse se lance dans le slap, la guitare et la batterie sortent des passages à headbang et Mike Muir se charge de donner un côté "hip hop comme j'te saute" au morceau.

A bien y regarder, nous avons ici ce que la scène punk a pondu de mieux ses 10 dernières années. De Exploited à The Offspring en passant par Bad Religion, rien de neuf n'a été inventé de l'extrême underground à l'extrême commercial. Avec 13, Punk's not dead , et tant qu'il y aura des skaters il y aura du bon punk !

Tracklisting :
1) Skate it out
2) Smash it !
3) This ain't a celebration
4) God only knows... who I am
5) Make your stand
6) Who's afraid ?
7) Show me some love... tear it down
8) Cyco style
9) Slam city
10) Till my last breath
11) Living the fight
12) Life (can't live with it... can't life without it)
13) This world
 
Critique : Weska
Note : 9/10
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