Chronique

PAPA ROACH - F.E.A.R / Eleven Seven Music 2015

Face Everything And Rise force à rentrer directement dans le sujet puisque le première titre démarre sur une batterie de coupé décalé et une mélodie électro moderne. Narmol ! Et pourtant, avec une pochette plus subtile que l'album précédent, Papa Roach poursuit sa route vers un post-grunge toujours plus moderne, et aussi toujours plus FM. A ce moment de l'écoute, la question brûles les lèvres : As-t-on atteint le stade de saturation ?

A la recherche d'un nouveau son
Pour répondre à cette question, allons comparer ce qui change le plus à ce qui est resté en l'état dans l'esprit de Papa Roach. Autour des refrains tonitruants qu'on leur connaît, les américains ont mis un point d'honneur, par rapport à The connection, à donner une meilleure tournure à leur composition. Les passages non-refrains sont bien agrémentés de riffs mélodiques et d'ambiance synthétiques dont certains passages flirtent avec l'électro-dubstep ou encore le djent façon Periphery. Une évidence sur l'enchaînement Broken as me et Falling apart.

Grâce à la superproduction dont bénéficie le groupe, l'écoute répétée permet d'apprécier les sons additionnels, les effets, les mélodies de la basse et les échos des guitares secondaires. Qui jouera ça en live ? Un CD, à n'en pas douter.

Jacoby Shaddix a également bossé de son côté en essayant de briser la monotonie avec des effets sur les voix, des alternances de type de chant, plusieurs interventions a cappella, et même, sur Gravity un rap classique avec un refrain chanté au féminin.

Du refrain à la punchline
ou comment écrire des paroles à partir de post-it

Maintenant, soyons bien d'accord. Ce ne sont pas deux coup de vuvuzela et quelques pichenettes qui vont effacer ce qu'est devenu Papa Roach : une usine à refrain entêtant avec des paroles easy-access. Oui, celles dont on cache à nos amis qu'on les chante sous la douche.

Exercice : écrivez les textes suivants sur plusieurs post-it...
falling apart, out of the dark, we are the warriors, broken heart, forever, set me free, angels keep falling from the sky,I follow you with all of my heart, love you

Puis, écrivez tout un album avec !


Le concept a été poussé si loin que cela devient une succession de punchlines digne du rap français. Au lieu de demander à Jeffrey de remettre des glaçons, ou de danser à la Carlton, ils ont le coeur tout brisé les bichounets alors qu'ils font tant d'effort pour suivre je sais pas qui, je ne sais pas où. Leur leitmotiv, To be loved, être aimé à tout prix, est devenu une obsession à laquelle il devient difficile d'adhéré après dix ans à tourner sur ce sujet. Amon Amarth c'est le viking, Papa Roach c'est les amours de jeunesse, c'est bon les mecs, on a compris ! Changez le disque !

Conclusion : FEAR est une excellente initiation au rock moderne et s'adresse avant tout à un public jeune. Pour les autres, l'album ne vaut pas la paire de titre qui peinent à renouveler le genre. C'est propre, c'est chouette, je l'écouterai même au toilette. Mais merde ! Du mid-tempo sur un format 3:30 téléphoné et gnan-gnan... OUI, j'ai atteint le stade de saturation avec Papa Roach.

Tracklisting
1. Face Everything And Rise
2. Skeletons
3. Broken as Me
4. Falling Apart
5. Love Me Til It Hurts
6. Never Have To Say Goodbye
7. Gravity
8. War Over Me
9. Devil
10.Warriors


 
Critique : Weska
Note : 6/10
Site du groupe : site du groupe
Vues : 949 fois