Chronique

KAMELOT - HAVEN / Napalm Records 2015

Nouvel album, nouveau label, nouvelle identité. C’est grosso modo ce qui pourrait résumer ce nouveau chapitre dans la carrière de Kamelot. Ce ‘Haven’ est en effet la nouvelle échappatoire du groupe avec la confirmation de son nouveau chanteur sur album ; le ‘Silverthorn’ étant un album de transition dans le sens où ce dernier voyait Tommy Karevik arriver et remplacer (voire même copier) Roy Khan au chant.
Au passage, le groupe change d’écurie et rejoint Napalm Records et devient un des gros du label et donc, à la position de force. Nouvelle identité ? Après une tournée mondiale conséquente, le groupe a pu se focaliser pleinement sur la technicité et la capacité vocale du nouveau chanteur, et donc de continuer son évolution musicale.

Haven est une sorte d’album conceptuel, dont la trame est en gros un nuage gris et ténébreux qui englobe la Terre, plongeant cette dernière dans la démence.
Débutant par « Fallen Star », c’est avec délicatesse que ce départ se fait, un peu à la façon cinématique de Rhapsody, le tout avant de plonger dans un univers musical ténébreux et mélancolique dans une veine connue et propre au groupe. Pas de grosse surprise, mais c’est bien fait comme à son habitude. « Insomnia » vient booster notre curiosité en nous immergeant dans une sorte de power metal atmosphérique boosté par des chœurs grandioses et une nappe mélodique créée par un Oliver en grande forme. C’est au moment du premier single « Veil of Elysium » que l’on voit que le groupe a bel et bien sa marque de fabrique, l’améliore tout en gardant la recette de base qui fait son succès depuis des années. Pas de grande innovations sur la structure, mais les arrangements sont monstrueux, et au moment du refrain, c’est la gifle.
« Under the great skies » nous change complètement d’univers en nous plongeant dans la délicatesse et la rêverie entre mandoline, guitare acoustique et percussions ; le tout propulsé par le duo Tommy Karevik / Charlotte Wessels (Delain).

L’album poursuit son bout de chemin avec ses titres de power metal agrémentés de cet aspect sombre, mélancolique dans lesquels rien n’est à jeter. Il faudra quand même attendre les titres « End of innoncence » et « Liar Liar (Wasteland Monarchy) » pour vraiment sentir ce nouveau vent de fraîcheur et de puissance qu’il fallait au groupe pour avancer, et palier à ce manque de risque pris avec la voix de Tommy si proche de celle de Khan, mais aussi par ce choix niveau production de rester encrer avec Sascha Paeth (qui fait du superbe travail soit-il dit en passant, ndlr) sans vouloir chercher à innover. Il est sur que la pépite sera « Liar Liar (Wasteland Monarchy) », qui endiablée nous propulse à deux cent à l’heure dans une ambiance de folie, posée et hargneuse dans laquelle le trio Tommy / Alissia White-Gluz (Arch enemy) / Charlotte Wessels explose telle de la dynamite, et ce pour notre plus grand plaisir.

Conclusion : HAVEN est un album de haute volée, sans fioriture, mais avec peu de grosses surprises. Le groupe continue sur une route qu’il connaît bien et se risque peu. Des titres plus osés comme « Liar Liar (Wasteland Monarchy) » ou encore « End of innocence » et « Revolution » (la grosse tuerie) seraient les bienvenus. Mais ne râlons pas, cette douzaine de titres (plus une interlude) se laissent écouter et glissent comme une lettre à la poste.

Tracklisting :
1.Fallen Star
2.nsomnia
3.Citizen Zero
4.Veil of Elysium
5.Under Grey Skies
6.My Therapy
7.Ecclesia
8.End of Innocence
9.Beautiful Apocalypse
10.Liar Liar (Wasteland Monarchy)
11.Here's To The Fall
12.Revolution
13.Haven
 
Critique : Lionel
Note : 8.5/10
Site du groupe : Site de Kamelot
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