Chronique

PHIL H. ANSELMO & THE ILLEGALS - CHOOSING MENTAL ILLNESS AS A VIRTUE / Season of mist 2018

Phil Anselmo avait disparu de la circulation. L'incident du Dimebash n'y est pas étranger. Pour rappel, l'énergumène avait eu le bon goût de balancer un salut nazi et de rajouter le slogan white power à la cantonade. Un grosse tâche d'encre en plein mémorial dédié en l'honneur de Dimebag Darell, la légende derrière Pantera, et un coup de tonnerre sur la scène internationale. D'ailleurs, le lynchage médiatique ne s'est pas fait attendre : direction la blacklist et fin de la partie pour le groupe Down. Cependant Game is not over, puisque son projet solo The Illegals sort une suite à Walk trough exits only. Sulfureux jusque dans sa musique, voici qu'il donne une définition très précise de ce qu'est le brutal sludge metal.

Et la dimension brutale de The Illegals n'a que très peu son pareil dans le métal, à tel point que le lien avec le sludge est plutôt lointain. Le son gras, étouffé et typique des sudistes est bien présent, mais la comparaison s'arrêtera ici, ce qu'explique très bien le premier titre...

Little fucking heroes
En effet, si le sludge classique est d'un naturel nonchalant et désinvolte, complaisant avec l'alcool, son penchant brutal incarne ce moment de crise où ce même alcool pousse à tout casser et à vomir sur le monde entier. De la colère à l'état brut.
Little fucking heroes introduit donc cet état de violence extrême avec un rythmique frénétique et des sons extrêmement dissonants. Difficile au premier abord de parler de musique alors que Phil Anselmo semble hurler en permanence et vide son sac de façon plus ou moins audible. Esthétiquement, c'est un choc, mais finalement pas si éloigné de ce que le groupe produit sur scène.

Deliquent
L'album restera sur le même ton et, invariablement, met mal à l'aise. Vous voyez, le brutal death metal est techniquement violent, toujours plus ou moins à la recherche du gore. A force, il est possible d'en rire, en particulier avec des éléments de grindcore. Mais ici, il n'y a aucun second degré. Les riffs sont torturés pour servir une atmosphère d'autant plus malsaine qu'elle est tangible. La maladie mentale est parfaitement rendue dans Delinquent avec des riffs de guitares extrêmement torturés que personne n'aurait l'idée d'enregistrer, et un chant absolument effrayant qui résonne comme une seconde voix dans la tête.

Effroyable, violent et difficilement audible, Choosing metal illness as a virtue n'en demeure pas moins une oeuvre assez technique et donc pas seulement destinée à des amateurs de gros bourrinage. En fait, je trouve à cet album plus de point commun avec le mathcore de Dillinger Escape Plan qu'avec le Sludge dont il ne reste que le mixage. Le son est lui volontairement sous-produit et bruitiste, taillé pour l'underground et trouvera sans aucun doute un public averti... ou très énervé.

Line-up
Philip H. Anselmo - chant
Marzi Montazeri - guitare
Joey Gonzalez - batterie
Stephen Taylor - basse

Tracklist
1. Little Fucking Heroes
2. Utopian
3. Choosing Mental Illness
4. The Ignorant Point
5. Individual
6. Delinquent
7. Photographic Taunts
8. Finger Me
9. Invalid Colubrine Frauds
10. Mixed Lunatic Results
 
Critique : Weska
Note : 5/10
Site du groupe : Page facebook
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