Chronique

THE ROLLING STONES – A BIGGER BANG / EMI 2005

Que fait une chronique des Stones dans un site dédié au métal ? La réponse est évidente : l’influence, car le duo Jagger/Richards en a influencé un bon paquet : Aérosmith, Guns N Roses Motley Crue… Metallica (si si) donc voilà pourquoi.
Aller petit rappel. Cela faisait 8 ans que le dernier opus des Stones était sortit (le bon Bridge to babylon) et depuis, à par 4 titres moyens sur le beft of Forty licks il n’y avait rien de bien transcendant. Donc que fut mon excitation à l’idée de découvrir ce nouveau monument de rock, encore en activité.
 
« Rough justice » est là c’est tout mon corps qui est en trance. Ce riff du pur grand Richards et cette voix qui n’a rien perdue durant ces 42 ans, oh la la ça déboule très fort. Un nouveau tube pour les va nu pieds qui décape d’enfer. Ron Wood retrouve sa slide guitare (ce qui fait de mieux) et Charlie est admirable derrière sa batterie.  « Let me down slow » nous replonge dans le bon vieux blues rock, emmené par un Mick Jagger au top de sa forme sur une rythmique énergique du père Watts réel métronome infatigable de l’édifice Stonien. 
Que dire aussi de ce « It wont take along » la maîtrise parfaite du riff simple mais efficace agrémenter de ce qui a toujours fait leur musique, ils sont reconnaissable entre mille, cette aura particulière et ces solos distillés telles des perles venues d’un autre temps par celui qui ne vieilli pas mais s’immortalise : Keith Richards véritable pilier indétrônable.
« Rain fall down » retrouve les esprits funky apprécier par Mick, ce qui permet d’étoffer le tout s’en perdre son identité. La basse de Daryl Jones sonne d’enfer un grand bassiste. Le premier single « Street of love » est une superbe ballade comme le duo sait si bien les écrire (faut il rappeler  ‘Angie’ , ‘Wild Horses’ etc) une ambiance mélancolique, guitare sèche et une voix si prenante. Mick est splendide dans ce rôle de lover tendre, un grand moment.  
« Back to my hand » est le pur blues des Roberts Johnson et autre Muddy Waters. Un plongeon dans le passé mené par un feeling dantesque et un harmonica inspiré. Certes rien de neuf la dedans mais un réel plaisir communicatif entre ses musicos qui n’ont cessé de rendre hommage à leurs idoles et des fans ne cessant de les soutenir.
Titre plus moderne avec « She saw me coming » une nouvelle fois on ressent l’influence des travaux perso de Mick mais emprunt de son frère d’arme Keith à la guitare, sanglante mélange inimitable de puissance et de délicatesse. « Biggest mistake » est la ballade rock, qui sent bon les grands espaces, les nuits à la belle étoile et un retour au source nécessaire à la survit de ces demi-dieu, inlassable.        
Attention grand moment, Keith prend le relais avec « This place is empty » une ballade comme seul ce grand monsieur sait les faire. Un mélange subtile de douceur et d’excès par cette voix éraillée qui nous rappelle ces abus passés. Voix de vieux pirate dandy crooner, qui envoûte, votre âme par son charme naturel et son feeling de vautour immortel.
On reprend le gros rock bien décapant avec l’entraînante « Oh no not you again ». Le grand rock qui semble être d’ailleurs tant il est si particulier, tout un programme, et « Dangereous beauty » ne confirme que mes dire. Tout est ici simplifier pour être que plus Stonien car le meilleur des Stones n’est il pas le Stones fait à 4 (ou 5 suivant les périodes) sans artifice seul 4 génies qui vivent pour la musique et que pour elle, et qui y laissent leurs âmes comme vendues au diable pour être encore là à plus de 60 ans à riffer toujours aussi fort sur les routes du monde.     
Deuxième ballade, la douloureuse « Laugh i nearly died » posée par une voix touchante et transperçante. Un moment si humble de la par de ces rock star une impression d’entrer dans leur âmes meurtries ou serait ce l’inverse ? Un esprit gospel qui fait presque chant du signe une dernière prière en signe de confession pour libérer sa douleur.
Confession ou plutôt règlement de compte avec un certain G.W.B dans « Sweet neo-con » un rock mid tempo à la voix rageuse comme pour mieux cracher sa haine, un titre qui ne laisse pas indifférent…
« Look what the the cat dragged in » le titre le plus funky soul, encore une fois Monsieur Jagger prend l’ascendant sur son compatriote Richards qui reste malgré tout le gardien du temple, l’architecte du son, sa Telecaster en main et quel solo. « Driving too fast » se remet au rock, quelle magie perdurée durant tant d’années, une magie qui n’a pas pris une ride qui ne camoufle à toute les périodes comme indémodable ce qui s’appelle de le grande musique : intemporelle et indélébile.
Pour terminer c’est, vous l’aurait deviné, le grand Keith Richards qui nous accompagne pour un petit « Infamy » de derrière les fagots. Un titre rythmé entre blues, country et rock qui me rappelle étrangement un titre de son album solomain offender’. Une conclusion digne de se nom, pour un album événement mais pas trompeur : j’ai pas fini d’en rêver.
 
Conclusion : du grand du très grand. Du pur Rolling stones qui transpire 40 ans de rock, de blues, de roll, et donne encore un sérieux coup dur aux jeunes qui feraient mieux d’en prendre de la graine. Inimitable infatigable quasi surhumain, qu’est ce qui arrêtera les pierres de rouler ? En un mot : Indispensable !!! 
 
Critique : Guillaume
Note : 9/10
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