Chronique

DREAM THEATER - DISTANCE OVER TIME / Inside out 2019

Après un opéra métal des plus ambitieux les maîtres du prog reviennent pour un nouvel opus plus conventionnel. Annoncé comme un retour aux sources après une tournée fêtant les 25 ans d’Imange and Words, quelle sera la piste prise par le (Seul ?) maître à bord John Petrucci.

Un début acoustique ouvre « Untethered Angel » qui sonne bien plus moderne que old scholl. La guitare de John est très (trop) présente et l'on sent que le groupe veut continuer d'aller de l'avant !! Une entrée en matière efficace qui délaisse quelque peu les évasions progs. Un gros riff bien gras et toujours aussi dans l'air du temps intronise un « Paralyzed » plutôt sombre. Je suis rassuré quant aux capacités de James LaBrie, que j'avais trouvé quelque peu fatigué vocalement à Toulon, ici il est toujours aussi flamboyant !! A nouveau le groupe privilégie le côté rentre dedans plutôt que recherché et varié.
Un riff à la Judas Priest pour la très métallique (Metallica??) « Fall Into the Light » qui défonce pas mal ! A noter un chant très mélodique sur une cascade de riffs acérés qui est bien senti. La conformation Dream Theater à bien l’intention d'aller dans l'efficacité sans non plus se renier complètement ce qui devrait faire de l'effet en live. Peut-être le contre coup de son prédécesseur !? « Barstool Warrior » par contre rappelle les vieux travaux du groupe et file un coup de nostalgie qui fait du bien. Un moment plus mélodique qui arrive au bon moment, une respiration qui permet de constater que le groupe n'a rien perdu dans ces moments plus intenses.
On retrouve du lourd avec « Room 137 » qui ne vient pas pour rigoler. Une ambiance lugubre plane sur ce titre qui file des frissons. On reste dans un esprit des plus métal avec « S2N » qui elle aussi envoie du lourd !! Je ne sais pas ce qu'ils ont pris au petit déjeuner dans leur retraite en forêt mais ça les a boosté !!
Aller c'est parti pour presque 10 minutes avec « At Wit's End » qui est ce que DT fera de plus progressif aujourd'hui. Alors oui ça manque de nouveauté et on sent que le groupe a déjà presque tout puisé dans sa besace (est-ce le départ du grand Mike Portnoy qui fait ça aussi!!??), mais bon après presque 35 ans de carrière comment leur en vouloir ?? Donc comme vous l'aurez compris « Out Of Reach » reprend là où on en était !! Avec une jolie ballade (je vous ai bien eu!!) portée par un James Labrie impérial ! L'album se termine avec « Pale Blue Dot » et son intro ambiante avant de balancer la sauce. Un morceau complexe sur lequel nos amis se dégourdissent bien les doigts. Un bon final !
En bonus track « Viper King » arrive avec son Orgue Hammond à la Deep Purple, qui surprend mais rend terriblement bien, Surtout que voilà un titre groovy à souhait empreint de cet arôme 'purplelien' des plus délectable !! Une vraie surprise que voilà, perso j'adore !!

Conclusion : Voilà encore un album qui va diviser. D'un côté ceux qui seront ravis de voir que le groupe continue d'évoluer, ceux qui seront comblés par l'aspect métal dans ta gueule, et d'un autre les déçus de la perte du côté prog, mélodique et parfois aérien du groupe. Je ne parlerai même pas de ceux qui considèrent le groupe comme un copier-coller de 'comment composer une chanson simple en lui donnant des airs compliqués'. Perso je suis plutôt satisfait de les voir simplifier leur musique en espérant que ce ne soit pas un chemin définitif.
 
Critique : Guillaume
Note : 8/10
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