Chronique

TÝR - HEL / Metal blade records 2019

Tyr un groupe pour lequel nous avons décroché aussi tôt By the light of the northern star découvert. Le viking, le pagan, le folk saturait le marché au tournant des années 2010 et bien d'autres groupes ont su capter durablement notre attention. Mais au détour d'une conversation, notre Guillaume relance le sujet. Surprise, la formule a été revue. Pas du tout au tout non plus, mais significativement pour largement se distinguer Valkyria. Les fans qui ont attendu presque six ans ne seront pas déçu. Et pour les autres, il est opportun de faire une mise à jour..

Le sens de l'épique, de la mise en scène, de la punchline, du drame, susciter l'espoir, le goût de l'aventure, prendre ses distances par rapport au power, mettre un (petit) pied dans le death mélo, dans la modernité aussi, mettre un (grand) pied dans la construction pseudo progressive d'Iron Maiden.

Cela fait beaucoup d'un coup.
Mais à la limite je peux lâcher mon clavier et me barrer. Hel fait ressurgir le talent de ce groupe. Ce n'est pas que les anciens albums soient mauvais, c'est que les émotions portées par celui-ci sont très fortes et galvanisent. Elles donnent un sens aux multiples solis et révèlent une guitare lead dingue, ultra mélodique et efficace.
Job is done.

Si vous avez vu la note, vous avez compris que tout n'est pas rose non plus. Gates of Hel concentre à lui seul tout ce qui peut déplaire et frustrer sur cet album. La frustration, c'est le chant growl catchy à mort qui offre une magnifique promesse et puis rien, de tout l'album, nulle part, nada, wallou, nought. Le côté enjouée du power métal est gênant par endroit, comme si Dora l'exploratrice s'extasiait au royaume des morts dans la souffrance, le froid et la mort. Concrètement, la séquence "You take the high road, I take the low road" ressemble à une course dans le far west. C'est juste pas possible à la première écoute. On est en enfer les gars ou on est pas en enfer ?
Parti pris des féroiens, les compositions tombent également dans un certain systématisme. Chaque titre est introduit par une trentaine de secondes instrumentales, et chaque titre verra le groupe chanter ni en choeur, ni en l'unisson, mais dans cet espèce de chant superposé chelou, le même chant superposé chelou tout au long des 69 putains de minutes.

Et pourtant, ce cadre permet de tomber dans les bras de la guitare lead qui fait tout oublier. C'est mélodique, c'est prenant, sans excès de virtuosité. Et pour ce qui est du chant, je vais tout de même rendre justice à la performance de Heri Joensen qui a musclé sa voix éraillé avec une nuance thrashy intéressante, et parfois quelques petites surprises qui apportent un supplément d'ame.

En mot de la fin, Hel est un album ambitieux et intelligent. Il reprend à son compte l'héritage laissé par Iron Maiden de son vivant, jusqu'au détail d'une basse claquante, présente, résonnante. Pour enfoncer le coup, Hel réussi même un pont musical entre le power métal et le death mélodique. Indiscutablement, Týr a fait les bons choix. Le résultat est là.

Line-up (crédité) :
Heri Joensen : chant, guitare
Terji Skibenæs : guitare, choeurs
Gunnar H. Thomsen : basse, chœurs

Tracklist :
1. Gates of Hel
2. All Heroes Fall
3. Ragnars Kvæði
4. Garmr
5. Sunset Shore
6. Downhill Drunk
7. Empire of the North
8. Far from the Worries of the World
9. King of Time
10. Fire and Flame
11. Against the Gods
12. Songs of War
13. Alvur Kongur

Date de sortie : 08/03/2019
 
Critique : Weska
Note : 8/10
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