Chronique

TWIN TEMPLE - ...Satanic Doo-Wop / Rise Above Records 2019

Vous avez toujours rêvé de faire écouter de la musique sataniste à votre tante Jeannine qui considère Lady Gaga comme l’ultime transgression ? Ou à votre mémé qui préférait Happy Days aux Experts ? On a trouvé la solution. Alors certes c’est pas du tout du Metal et ça ne cherche surtout pas à l’être. Mais Twin Temple revendique haut et fort son message sataniste et rien que pour ça on les aime bien.

Bon par contre on va causer musique tout de suite, il s’agit de Doo Wop (grosso modo de la pop année soixante gominée entre le « Cruisin’ with Rubben and the Jets », voire « Rare Meat » pour les puristes, de Frank Zappa et Amy Whinehouse mais en version greasy soft. A aucun moment vous ne réussirez ni à heabanger, ni à éructer, ni même à esquisser un vague pogo dans le salon de tantine Jeannette… Idéalement il est aussi déconseillé de projeter de la bière mais ça c’est juste parce que les coussins du canapé sont en satin et bordel c’est dur à ravoir les taches de bière sur du satin. Votre seule victoire sera pour la soirée de Noël familiale, d’avoir fait jouer un morceau hommage aux démons de l’enfer (alors que tous les ans vous supportez ceux de minuit… triste et seul dans votre t-shirt « Béhémoth ») entre la bûche et le champagne. Petite victoire certes mais victoire quand même ! Youpi Satan et joie sur tous.

Voilà pas grand chose de plus par contre hélas. Le concept est super attrayant sur le papier, le son rétro fonctionne très bien sur album, la voix d’Alexandra James et les guitares de Zachary James sont adorablement suaves et cohérentes par rapport à l’idée (vas-y ce serait quoi du satanic doo wop joué comme si le premier groupe de musique sataniste avait percé en 1959 ?) mais c’est à peu près tout.

Ça sonne donc, forcément, diaboliquement bien, c’est tout aussi magnifiquement et respectablement libertaire dans le propos (plus d’histoires d’égalité que de messe noire au programme mais ça ne rend le propos que plus intelligent). C’est frais dans l’idée et joué avec l’esprit que nécessite un projet « à thème », mais pour avoir eu le loisir de les voir en live (avec plein de potes issus d’horizons différents et comme moi chroniqueurs à la petite semaine donc dotés d’un avis sur tout absolument insubmersible) ça se traine un peu. Le 11ème morceau en mode « messe noire pour les nuls » étant repris à l’identique en live on sent aussi qu’à trop vouloir jouer la théâtralité, ça perd en spontanéité.

Néanmoins pour les amateurs de séries Z, gore movies, Rocky Horror Picture show et vieilleries désuètes couvertes de vinyl et sentant la gomina et l’encens… C’est du sûr mesure. Allez zou tournée générale de mambo pour la table 666.

A garder donc pour le fun dans un coin de la pile de skeuds, pour danser sur des slow rétro satanistes (parce que oui c’est quand même kiffant) et pour convertir en douceur le plus ringard de vos potes aux délices de Belzebuth.

Allez, la messe est éructée.
 
Critique : Thomas Enault
Note : 6/10
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