Interview

DAGOBA (2017) - Shawter (chant)

Après les départs combinés de Franky (batterie) et Z (guitares), certains sceptiques ne pensaient pas que Dagoba se relèverait d’un remaniement de 50% de son effectif. Que nenni. Shawter, chanteur et compositeur du groupe, prouve à ses détracteurs que tant qu’il sera là, Dagoba restera Dagoba. Et, effectivement, ce nouvel album (sortie prévue pour le 25 août 2017) confirme ses dires. Black Nova ou le changement dans la continuité.

Interview réalisée le jeudi 8 juin 2017

Comment s’est passée l’arrivée des deux nouveaux dans Dagoba?
Suite aux départs de Z et Franky, ce sont Jean-Laurent Ducroiset et Nicolas Bastos qui les ont remplacés aux postes de batteur et guitariste. Je connaissais JL depuis un bail, car j’avais fait un featuring dans son groupe (Xplore Yesterday) sur le titre « One last stand ». Pour Bastos, on s’est croisé sur plusieurs concerts ou festivals, et c’est un musicien très connu et respecté dans le milieu. Bref, leur intégration dans le groupe s’est faite très naturellement.

Cette fois-ci, le master et le mix sont l’œuvre de Jacob Hansen. Pourquoi ce choix, sachant que cela s’était bien passé avec Logan Mader ?
En fait, à l’instar de Logan Mader, Jacob Hansen faisait également partie de notre short-list. J’avais adoré ce qu’il avait pour Evergrey au niveau du son et des ambiances, et je me suis dit que c’est dans cet esprit que j’aimerais que le nouvel album sonne. Alors c’est vrai qu’Evergrey n’a musicalement rien à voir avec nous, mais j’étais persuadé que le rendu général conviendrait au style Dagoba. De plus, le changement de line-up allait aussi dans le sens de ne pas faire comme sur l’album précédent.

A l’instar de Tales Of The Black Dawn et Poseidon, l’atmosphère qui règne sur ce nouvel opus fait penser à un concept album. Je suppose que c’est voulu de ta part de créer des morceaux uniques, mais faisant également partie d’un tout, non ?
C’est exactement ça ! Et ça fait plaisir de me dire que j’ai en quelque sorte atteint notre but, à savoir que chaque titre appartient à un album. C’est-à-dire qu’un morceau de Poseidon ne pourrait pas figurer sur Tales ou qu’un autre de Black Nova n’aurait pas sa place sur Post Mortem Nihil Est. Tous nos albums ont leur identité, tout en gardant la touche Dagoba, des parties mélodiques et extrêmes se juxtaposant.

Sur des titres comme « Inner sun » ou « The infinite chase », les extrêmes -à la fois mélodiques et violents- sont poussés à fond, bref, l’empreinte Dagoba est totalement indélébile, quel était ton objectif quand tu as composé ce Black Nova ?
Je n’ai pas vraiment d’objectif quand je compose. Tout se fait naturellement. Ce qui est sûr c’est que je n’ai aucune contrainte. Je fais les choses sans filtre, je propose et je vois. Pour Black Nova, j’ai voulu revenir à un mariage de mélodies claires et de black death « classique », en poussant un peu plus loin un côté électro mais aussi symphonique que j’affectionne particulièrement.

Comment s’est déroulée la conception du clip de « Inner sun » ?
Le clip est l’œuvre de Brice Hincker et a eu lieu sur le plateau de Vitrolles. Je voulais quelque chose de très filmographique, c’est pourquoi nous avons utilisé des drones et choisi un paysage aussi vaste et beau. L’idée était de retranscrire l’énergie dynamique que nous proposons en live, ainsi qu’un aspect studio afin de présenter les nouveaux membres du groupe.

Pourquoi est-ce le magazine Rolling Stones (qui n’est pas un mag spécialisé dans le metal) qui l’a diffusé en premier ?
Il n’y a pas eu que ce média-là, car il y avait aussi Metal Hammer (Allemagne) qui l’a relayé. Ce que je peux t’assurer c’est que ce n’était pas un choix stratégique, dicté par qui que ce soit.

Justement, avoir signé chez Sony a-t-il changé quelque chose musicalement ?
Hors de question ! Qu’on se le dise, Dagoba n’aura jamais à se soumettre à une quelconque exigence artistique. Si cela avait été le cas, nous n’aurions jamais signé ce deal. D’ailleurs, Dagoba est producteur et l’album était prêt avant la signature. Donc...

La release party de ce soir se déroule à Paris. Pourquoi là-bas et non pas à Marseille ?
C’est tout simplement une décision du label. Mais c’est pas plus mal car nous avions une journée d’interviewes aujourd’hui et demain nous jouons au Download, de ce fait c’était plus pratique de tout centraliser.

Comment se sont passés vos concerts au Japon ?
Au-delà de nos espérances ! C’est un peu cliché de dire que les Asiatiques sont respectueux et passionnés, mais c’est la vérité. Nous avons vraiment reçu un accueil de rêve. Nous ne pensions pas faire des sold-out, loin de là même, mais ce fut mieux que prévu, avec des salles remplies chaque soir. Une superbe expérience !

Je suppose qu’une tournée est prévue, n’est-ce pas ?
Effectivement, nous aurons une grosse tournée de septembre à décembre, dont une date à Marseille je te rassure (rires). De plus, en 2018, nous serons sur un plateau qui sillonnera l’Europe, et ça va être quelque chose de lourd, de très lourd !

Ce n’est un secret pour personne, tu es amoureux de ta ville. De ce fait, as-tu un jour imaginé t’investir encore plus, dans la politique par exemple ?
C’est vrai que j’adore ma ville, mais je préfère rester à ma place et faire ce que je sais faire le mieux, à savoir de la musique. Souvent, musique, politique ou religion ne font pas ménage ensemble, je laisse donc ça de côté, à ceux qui sont plus aptes à en parler.

En tant que fan de l’OM, avoir son clip partagé par René Malleville, c’est une sorte de « consécration » pour toi, non ?
(rires)Ah mais René c’est devenu mon pote d’apéros maintenant ! Je crois même que ça y est, je l’ai converti au metal. Car même s’il est parfois crédité ou apparait dans des clips de rap, les gens ne savent pas forcément que c’est un grand mélomane et est fan des Rolling Stones. D’ailleurs, s’il a les cheveux longs, ce n’est pas pour rien ! (rires)
 
Critique : Secret Sfred
Vues : 103 fois