Interview

EVERGREY (2019) - Jonas Ekdhal (Batterie)

"The Atlantic" conclut superbement la trilogie entamée avec "Hymns for The Broken" et poursuivie avec "The Storm Withhin". Après plus de vingt ans de carrière et onze albums au compteur, les Suédois restent parmi les meilleurs au monde dans le metal/prog. Rencontre à Paris avec leur charmant batteur Jonas Ekdhal.


"Le nouvel album conclut votre trilogie. Comment avez-vous pensé celle-ci ?"


"Lorsque le groupe s'est retrouvé avec moi et Henrik, on a pensé de suite à cette trilogie. On avait cela en tête. C'était la meilleure manière d'exprimer ce qu'il y a entre nous."

"The Atlantic" est un concept album ?

"Oui, tout comme les deux précédents. Celui-ci est un concept album autour du thème de l'Ocean. L'Océan dans son terme premier mais aussi de façon métaphorique : l'Océan pris comme le tumulte de tes sentiments. La façon dont tu vas le plus profondément à l'intérieur de ceux-ci."

"Le fait que vous soyez Suédois vous connecte sans doute encore davantage à ces éléments naturels."

"C'est possible, oui. On a pensé à cela lorsque nous avons travaillé sur "The Storm Within". Ce côté d'être isolé du reste du monde, sur une île. On avait encore cela en tête pour le nouvel album. On pensait à l'eau froide, au vent. Nous sommes bien sûr connectés à ces éléments."

"La vidéo de "Silent Arc" a été tournée dans les iles suédoises ?

"Oui. C'est plus qu'une vidéo, c'est une émotion forte. Elle a été réalisée par Patrick Ullaeus. On a commencé à bosser avec lui dès 2003. On aime travailler avec lui."

"Il y a des morceaux sur le disque comme celui-ci qui sont très heavy."

" Heavy et longs. Nous aimons écrire de longs morceaux. On se sent libres de faire ça. Le côté pont/chorus peut être frustrant et limité. Dans Evergrey, nous faisons ce qui nous plait, sans limite."

"Le groupe a produit le disque lui même. Pourquoi ?"

"Oui, nous l'avons produit, Tom et moi. Nous sommes des control-freaks. Du coup, nous préférons faire les choses nous même. Dès la pré-production, nous savions comment le disque sonnerait. Du coup, il était logique de le produire nous même."

"La dernière fois tu m'avais parlé du fantôme de ce metteur en scène de théâtre célèbre qui vous avait inspiré. Vous l'avez revu ?"

" On a de nouveau enregistré l'album dans ce studio mais cette fois le fantôme ne s'est pas manifesté. C'était une super soirée lorsque nous avions senti sa présence. On aime beaucoup ce studio. Il est idéal pour faire du bon travail. Les choses se sont passées super bien là-bas. Nous sommes des control freaks comme je t'ai dit mais on essaie de l'être un peu moins et de se laisser un peu libres au moment de l'enregistrement même si on fait attention aux moindres détails."

"Vous avez pris Jacob Hansen pour le mix. Pour son travail avec de nombreux groupes metal ?"

"Oui, il est super pro. On a été très chiants, Tim et moi avec lui pour ce disque parce que nous voulions qu'il sonne de telle façon mais il nous a parfaitement compris."

"Le disque sonne plus organique que "A Storm Withhin"."

"Il était important pour nous que ce disque sonne de façon analogique, un peu crade même je dirais. Le son de "A Storm Withhin" est ultra moderne. On aime bosser sur les ordinateurs mais il est important d'avoir un son naturel."

"Departure" est un titre piano-guitare acoustique. Vous aimez faire ce genre de morceau calme depuis un moment maintenant."

"Oui, on utilise ces éléments depuis maintenant plusieurs albums. Cela donne de la chaleur, un élément très humain et ça sonne bien. C'est un morceau important pour le disque et le fait que ce soit un titre acoustique donne une respiration à l'ensemble."

"Qui est Giannis Nakos qui a fait la pochette ?"

"C'est un artiste grec. Je trouve que c'est la plus belle pochette de toute notre carrière. Elle représente parfaitement le contenu du disque."

"Vous êtes énormes partout dans le Monde et moins en France."

" Je trouve que ça marche quand même bien en France pour nous. On continue de grandir, étape par étape. Ce qui importe, c'est de s'amuser et nous nous amusons. Tout le reste n'est que du bonus. Revenir en France et jouer dans des salles moyennes n'est pas grave tant que nous pourrons manger du boeuf bourguignon."

"Vous revenez bientôt chez nous alors ?"

"Fin mars-début avril, je pense."
 
Critique : Pierre Arnaud
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