Interview

CHEMICAL SWEET KID (2020) - Julien Kidam (Chant)

« Fear Never Dies » le dernier album de Chemical Sweet Kid est une petite bombe de metal-indus. Un disque puissant et accrocheur qui réussit à faire une synthése inédite et superbe de metal, d'electro et d'EBM. Rencontre avec Julien Kidam, chanteur et fondateur du groupe.

« Il y a eu pas mal de changements dans Chemical Sweet Kid depuis vos débuts tant au niveau de l'orientation musicale que du line-up. »


« Oui, Chemical Sweet Kid existe depuis 2008. Lors du tout premier concert donné, j'étais seul sur scène avec quelques synthés. Aujourd'hui, nous sommes trois sur scène. C'est vrai qu'au début on sonnait très électro. J'étais branché sur des trucs comme Tantrum ou Suicide Commando. Depuis le son a évolué vers de l'indus/metal. »

« A la base tu étais très orienté techno. »

« Ado j'écoutais du metal : Sepultura, Rob Zombie. A 20 ans, j'ai découvert la techno, les raves. J'ai commencé à mixer : de la techno hard-core d'abord puis du goth/dark. J'ai vraiment accroché sur Tantrum qui faisait de l'électro/gothique. Cela m'a amené vers ce style. »

« Quels sont tes influences ? »

« Manson, Combichrist, Rob Zombie. On nous a parfois comparé à Rabia Sorba. C'est marrant parce que c'était avant même que je ne connaisse ce groupe. »

« Il y a un côté EBM (Electronic Body Music) prononcé dans ta musique. »

« J'en ai beaucoup écouté comme j'ai écouté la scène goth allemande. Les lignes de basse donnent ce côté EBM comme le côté très martial de mes morceaux. »

« Il y a un côté dur dans ta musique mais celui-ci ne l'empêche pas d'être parfois dansante. »

« J'essaie toujours d'avoir deux, trois titres par album qui invitent au dance-floor. Un morceau comme « Lights Out » sur le dernier disque donne envie de bouger. C'est un titre que je trouve accrocheur. »

« Il y a parfois un côté BO de films d'horreur dans ce que tu produis. »

« Et pourtant je n'en regarde pas ou peu. J'avais adoré « Saw » mais je ne mate pas trop de films d'horreur même si j'aime l'esthétique du genre. En revanche, c'est vrai que je regarde beaucoup de films et de séries. J'enregistre des sons de films ou de séries avec mon téléphone, les sample et les incorpore dans ma musique. »

« Tu as décliné le titre d'ouverture de l'album, l'instrumental « Shall We begin » en un morceau « Sick of you all » plus loin dans le disque. Pourquoi cela ? »

« L'album était fini. J'avais les paroles pour « Sick of you all ». Cela collait avec cette mélodie. Je l' ai transposé avec une boîte à musique. C'est comme un rappel au milieu de l'album et cela permet à celui-ci de respirer. »

« Tu as dit que ta musique était trop électro pour le public metal et trop metal pour le public électro. Il y a pourtant des groupes qui pratiquent ce genre en France : Shaargot, Porn. »

« Shaargot et Porn sont plus metal que nous. On devait jouer avec ces derniers récemment, notamment à la Boule Noire à Paris. Cela n'a malheureusement pas pu se faire à cause du Covid-19. Nous n'avons pas donné de concerts en France depuis longtemps donc peut-être que les choses ont changé. Nous avons joué avec Combichrist, groupe qui est passé d'un style très électro à beaucoup plus metal. Le public metal a accepté l'évolution de ce groupe. C'est encourageant. »

« Marcus Engel fait un featuring sur « Lost Paradise ». Tu es fan de Rabia Sorda ? »

« Je connais assez bien Marcus. On avait eu l'idée qu'il fasse un featuring sur cet album. Il a choisi ce morceau. J'avais déjà bossé avec les mecs de Rabia Sorba dans le passé et nous avions joué avec eux. Erk Aicrag leur chanteur m'avait demandé un remix. J'en avais réalisé un de « Violent Love song » de leur dernier album « The World Ends Today ».

« Comment composes-tu tes morceaux ? »

« Je compose seul chez moi sur ordi. J'ai toujours tout composé tout seul. Après, j'envoie ce que j'ai fait à mon guitariste. On a aussi enregistré les guitares au Chameleon Studio à Hambourg, un studio dont on avait entendu le plus grand bien. J'ai ensuité réalisé le mix. »

« Comment t'es venue l'idée de rajouter deux remix ( de « Lights out » et « Lost Paradise ») en fin d'album ? »

«Agonoize et Nachtmahr sont deux groupes phares de la scène électro gothique. On avait parlé de faire des collaborations. L'album était prêt et j'en ai décalé la sortie pour intégrer ces mix. Je voulais des groupes électro/gothique parce que je trouvais que faire des remix d'un groupe indus/metal par d'autres groupes indus/metal n'aurait guère d'intérêt. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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