Interview

DRAGONY (2021) - Herbert Glos (Basse)

Avec « Viribus Unitis », Dragony vient de sortir un superbe album de power-metal symphonique. Un disque ultra bien foutu, positif et joyeux ce qui en ces temps troublés ne peut amener que du bonheur . Entretien avec Herbert Glos, bassiste du groupe.

« Comment vous est venue l’idée d’un concept-album autour des figures de Franz Joseph et de Sissi. Parce que vous êtes autrichiens ? »


« En partie, oui. Il y a deux ans juste après la sortie de « Masters of the Multiverse », nous avons pensé à ce que serait notre prochain album. Nous avons pensé et discuté autour d’idées de concepts albums. Nous avons constaté qu’il n’y avait pas eu beaucoup d’albums metal d’histoire alternative. Cela a commencé ainsi. »

« Le disque n’est pas un concept-album basé sur l’Histoire réelle, vous y incorporez des éléments cyberpunks, des zombies. »

« Nous aimons l’Histoire alternative avec des films comme « Inglorious Bastards » ou les jeux vidéos autour de Frankenstein. On a ajouté de la magie, des châteaux volants, ce genre de choses. On voulait des éléments pas trop fous mais assez délirants quand même. »

« C’est une histoire mythique. Vous n’avez pas peur que cela puisse être mal pris en Autriche ? »

« Non pas du tout car c’est évident que nous avons écrit une fiction. Nous l’avons fait avec humour donc nous n’avons pas du tout peur de backlash à ce niveau. Les gens en Autriche s’intéressent encore beaucoup à cette période de notre histoire car elle est proche de nous. Et puis il y a les films de Sissi. Un comédien autrichien joue fréquemment le rôle de Franz Joseph au théâtre depuis maintenant plusieurs années. »

« Vous êtes très intéressés par l’Histoire ? »

« C’est important de s’intéresser à l’Histoire. Les gens qui s’y intéressent ne répéteront pas les erreurs du passé. »

« Le master a été fait par Seeb Lervermann. Et la production ? »

« La production a été faite par Frank Pitters avec qui nous travaillons depuis nos débuts. C’est un producteur autrichien. Le master a quant à lui été fait par Sebastian « Seeb » Levermann de Orden Ogan qui est lui aussi un très bon producteur. Il est devenu un ami au fil des années mais ce n’est pas pour cette raison que nous avons fait appel à lui. »

« Vous vous définissez comme « glory metal ». Qu’est-ce que le « glory metal » ? »

« Chaque groupe doit se définir dans le metal. On a inventé ce terme qui convient bien à ce que nous faisons, ce power metal épique et symphonique. »

« Votre disque est un album qui donne la pêche, rend heureux. »

« Définitivement. Nous faisons de la musique pour aider les gens à s’échapper du monde dans lequel on vit. Avec l’épidémie de Covid-19 cela devient encore davantage nécessaire. »

« C’est un disque ultra positif. »

« Merci. Si tu le ressens comme cela alors nous avons réussi dans ce que nous voulions faire. »

« Tommy Johansson de Sabaton et Majestica a co-écrit avec Tomas Svedin de Symphony of Tragedy et vous-même, le morceau « Gods of War ». Comment cela s’est-il fait ? »

« Notre chanteur Siegfried et Tommy de Sabaton sont amis. Ils sont en contact régulièrement. Siegfried lui a parlé de notre nouvel album. Tommy lui a dit j’ai peut-être un truc pour vous. C’est la seconde fois que nous collaborons avec lui. Il avait joué un solo sur un titre de notre troisième album. »

« Vous venez de signer avec Napalm Records. Cela vous a aidé ? »

« Définitivement. Signer avec ce label qui est un très gros label metal est un honneur pour nous. On sent l’impact que cela a. C’est aussi grâce à cela que nous sortons pour la première fois de notre carrière l’album en vinyle. »

« Vous ouvrez le disque par une reprise du « Danube Bleu » de Strauss. Vous êtes le premier groupe metal à faire cette reprise ? »

« Je ne sais pas. En tout cas je n’en ai jamais entendu d’autres. L’Autriche a un lien très fort avec la musique classique. C’est pour cela que nous faisons du power metal symphonique. Pour nous c’est une continuité avec le classique. Le 31 Décembre à minuit en Autriche toutes les radios du pays passent ce morceau et tous les couples valsent dessus lors du passage au Nouvel an. »

« L’album est sorti depuis quelques jours et a déjà reçu de très bonnes critiques. Cela vous a étonné ? »

« Un petit peu. Car les gens écoutent du metal mais n’aiment généralement pas trop le power-metal préférant le metal-extrême. Mais pas totalement car nous avons beaucoup travaillé dessus. »

« La mélodie est extrêmement importante chez Dragony. »

« Tout à fait. La mélodie est primordiale chez nous. »

« Il y a un seul morceau en allemand dans le disque. Le dernier. Pourquoi seulement un titre dans votre langue natale ? »

« C’est une bonus-track. Ce « Haben Sie Wien schon bei Nacht geseh’n » est un morceau sur la ville de Vienne la nuit, de Rainhard Fendrich. On voulait faire une reprise de ce musicien. Depuis notre deuxième album nous faisons toujours une reprise sur nos albums. »

« Est-ce que vous pensez faire quelque chose de spécial pour les futurs concerts, genre animation ? »

« On a envie de faire quelque chose de spécial mais le fait que l’on ne sache pas quand nous pourrons rejouer rend les choses difficiles. On va essayer de faire des concerts pour l’album. Ce sera des concerts « normaux » avec des guests. »

« Il y a plusieurs guests d’ailleurs sur le disque. »

« On les a connus tout au long de notre carrière. Georg Neuhauser de Serenity nous le connaissons depuis longtemps. Nous avons joué plusieurs fois ensemble. On connait bien Michele Guaitoli de Visions of Atlantis aussi. J’ai d’aileurs joué dans ce groupe. »

« Que souhaites-tu pour 2021 ? »

« Que cette situation cesse le plus vite possible, que les gens écoutent les experts. Pour le groupe je nous souhaite de rejouer live, de revoir les fans et pour moi de rester en bonne santé et poursuivre ce que je fais actuellement. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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