Interview

DREAMCATCHER (2021) - Chris Garrel (Chant)

Dreamcatcher fête cette année ses vingt ans. Belle occasion pour sortir un nouvel album, « The Road so Far », une belle galette sur laquelle s’entend comme toujours les influences de Maiden et Sabbath. Une belle réussite à mettre à leur actif. Entretien avec leur fort sympathique chanteur Chris Garrel.


« Comment as-tu pensé le nouvel album par rapport à « Blood on The Snow » ? »


« D’une manière totalement différente. Il s’est passé quatre ans depuis l’album précédent, il y a eu un changement de line-up, cette période de Covid qui a amené à l’inactivité. Cet album a été réalisé de façon rapide, en quelques mois. Il a été écrit début 2021, composé au Printemps 2021. Fin mai les batteries ont été faites, puis les guitares en juin. Je me suis plus investi dans ce disque. Il fallait sortir quelque chose. Après le Covid il y avait la peur de ne plus exister. Le précédent disque a été un album très réfléchi, celui-ci est l’album de l’immédiateté. »

« Les morceaux sont assez courts. Cela vient de cette immédiateté ? »

« Les précédents albums ont été composés en grande partie en répet. Ce disque a plus été un effort à deux et en direct. Le travail a été plus efficace pour cet opus. »

« Les thèmes sont comme toujours les guerres amérindiennes, les films d’horreur mais aussi des trucs plus personnels. »

« Oui il y a un titre sur la bataille de Little Big Horn, « It’s a good day to die ». « Thunderbird » parle de l’oiseau tonnerre. « White Chapel 1888 » est un morceau sur Jack l’Eventreur, « The man will be god » évoque Frankenstein. « The Phoenix will rise » parle du groupe, des épreuves qu’il a pu traverser. Il ne reste plus que moi du line-up originel. Il y a un morceau très perso : « The World is Falling apart » qui interroge sur le fait de savoir si le monde que l’on a connu va disparaître. »

« The Road so far » raconte l’histoire du groupe ? »

« En partie. Cela vient aussi de la série « Supernatural ». »

« La pochette fait très amérindienne. »

« Elle fait référence aux morceaux que tu trouves dans le disque. Le côté sombre est pour « A world is falling apart ».

« Il y a toujours cette influence Maiden. »

« Oui notre style est toujours là. Maiden, Sabbath mais le Maiden que j’écoutais lorsque j’avais 20 ans. Je suis à contre-courant du Maiden qui fait aujourd’hui des titres de quinze minutes. »

« Maiden est une influence mais digérée. »

« Cela ne servirait à rien de n’être qu’un clone de ce qui t’a inspiré. Peut-être qu’Aznavour m’influence autant que Maiden. Je peux être inspiré par le bruit d’un train qui passe, une discussion avec un ami…On ne fera jamais mieux que Maiden ou Sabbath donc il serait ridicule de les copier. Je joue avec des passionnés de ce style musical et c’est ça qui est bien. »

« Il n’y a pas beaucoup de groupes dans le style que vous faites : heavy classique. »

« Il y en a : Sabaton, Battle beast mais je trouve ça trop produit. La recette c’est d’être honnête. Aux concerts de Maiden il y a un public multigénérationnel. La musique est très fragmentée contrairement à l’époque de mon adolescente. Tu pouvais, à cette époque, écouter à la fois Slayer et AC/DC ou Metallica. Il y a un ancien membre de notre groupe qui est parti pour faire du black. Pour lui faire du black et être avec nous était trop compliqué. »

« L’influence Sabbath est aussi importante que celle de Maiden. »

« Oui c’est vrai. « Thunderbird » est un titre très sabbathien par exemple. »

« Les membres du groupe sont dans d’autres groupes. Est-ce que leurs autres projets nourrissent Dreamcatcher ? »

« Le guitariste joue dans un groupe genre hard-fm mais il a toujours été fan de heavy. Il y a forcément des choses qu’il joue avec son groupe qui l’influence pour ce qu’il fait avec nous. Le bassiste joue dans un groupe un peu parodique même s’il y a un vrai discours social derrière. Ils sont déguisés sur scène. »

« Le côté thrash a un peu disparu dans ce nouvel album. »

« C’est vrai tout comme notre côté prog. Il y a quand même encore un peu ce côté prog sur « White Chapel ».

« L’album sort en vinyle. »

« Oui. C’était important de le faire en vinyle. J’ai plein de demandes pour le vinyle. Il y a un problème de matière première ce qui fait que les délais sont longs. J’ai senti qu’il y avait un public pour le vinyle. Et puis j’aime l’objet. On le sort aussi en digi-pack avec des bonus dessus pour amener un plus. »

« Tu as mis des versions acoustiques pour les bonus. Comment t’es venue l’idée ? »

« On avait déjà fait ça sur le premier album. J’ai toujours aimé ça. Et puis ça donne une autre dimension aux morceaux. « Mother Earth » qui est un morceau écolo avec un texte sérieux, on l’a faite avec une orchestration presque flamenco décalée. On a toujours aimé les trucs décalés comme on l’avait fait l’an dernier pour « Blood on the Snow » que l’on avait mélangé à « Silent Night ».

« Le groupe fête ses vingt ans cette année. »

« Oui. On fête ça en donnant plein de concerts. »
 
Critique : Pierre Arnaud
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