Live Report

METALLICA SHOW - GARAGE DAYZ - CASINO DE PARIS - 21/11/2018

 
Metallica Show S&M du Tribute Band Garage Dayz avec le Star Pop Orchestra de Paris dirigé par Christophe Eliot, Casino de Paris, 21 novembre 2018

Et si je vous narrais le « Metallica Show S&M du Tribute Band Garage Dayz avec le Star Pop Orchestra de Paris dirigé par Christophe Eliot » qui s’est déroulé au Casino de Paris le 21 novembre 2018. Le nom du show n’est pas une blague, c’est ce qu’ils ont trouvé de plus « parlant » pour ratisser au max sans que les gens croient qu’ils allaient vraiment voir Metallica tout en donnant envie de voir Metallica mais c’est pas Metallica. D’ailleurs si on tape Garage Dayz dans google on trouve tellement d’autres groupes de reprise mieux référencés qu’il vaut mieux tout préciser. Ce Garage Dayz-là (sans rire les gars ? Vous avez rien trouvé d’autre pour vous distinguer ? ) nous vient de Russie (y’en a vraiment beaucoup d’autres, des groupes qui portent ce nom, c’est agaçant que sur toute la discographie de Metallica, tout le monde ait piqué le même blase) et quand j’ai regardé les premières vidéos à l’annonce du show, bah j’étais pas chaud justement. J’avoue, je déteste les groupes de reprise, j’ai surtout envie de leur dire « Tu joues dans quel pub ? » et aussi « Va t’acheter un répertoire et une personnalité ». Autant vous dire que mon photographe m’y a trainé, mon rédac’ chef m’a supplié et certains de mes potes m’ont demandé de les inviter (pas assez de places pour inviter tout le monde, on y est donc allé à deux comme d’habitude). Histoire d’en rajouter une couche, même si Michael Kamen mérite tout le respect qu’on doit à un compositeur de musique de film décédé (on lui doit quand même les musiques de « Die Hard », la franchise entière et « l’Arme Fatale » l’intégrale de la saga mémorable), j’avoue que j’avais trouvé ce qu’il avait fait pour les concerts symphoniques de Metallica aussi discutable que « soupesque » (pire que la musique des franchises sus-citées donc). Donc voilà ami lecteur, tu es prévenu, j’y suis allé méga à reculons.

Alors j’avoue, j’avais tout misé sur la première partie (Yann Armelino et El Butcho qui mériteraient vraiment de trouver un nom qui fasse penser à autre chose qu’à une charcuterie familiale) mais vu la qualité totalement inexistante de leur prestation et par respect pour leur famille je n’en parlerai pas, parce que vraiment sinon je risquerais d’être aussi désagréable et insultant pour le monde musical que ce qu’ils ont, eux, commis sur scène…

J’étais donc à deux doigts de m’enfuir après un long moment au bar quand « La fièvre de l’or » a enfin retenti. Soyons clair, le Casino de Paris pour jouer avec un gros orchestre, c’est pas évident-évident niveau acoustique, un peu comme aller écouter Slipknot dans un bar du 19ème. C’est petit comme plateau pour autant de musiciens, donc à sonoriser c’est juste l’enfer. Point hyper positif ça sonnait quand même et ça, ça m’a mis bien. Ensuite ils ont enchainé sur the Call of Ktulu et même si c’est aussi ce que Metallica avait fait à l’époque pour laisser l’orchestre s’installer dans les têtes des gens, là, ça avait un autre avantage : ça reculait le moment que je redoutais, c’est-à-dire, entendre un type avec l’accent de Kiev massacrer la musique d’un groupe que j’aime (sans pour autant être un fan béant). Et en fait, dès Master Of Puppets le constat s’impose, le mec à la voix s’en tire très bien. Pas d’accent à couper à la hache, un timbre suffisamment proche pour ne pas perdre les gens, les orchestrations en place sont certes le flonflon sans intérêt que Kamen a pondu mais après tout, c’est pour ça que les gens ont payé 90 balles. Oui le ticket a l’air cher mais quand on voit le nombre de places dans la salle et le nombre de musiciens sur scène je ne suis pas sûr que ce soit si rentable pour la production. Même avec des musiciens qui viennent de l’Est où, on le sait, les syndicats sont un peu plus faciles à gérer, même avec un orchestre local donc plus facile à transporter et à faire dormir « pas à l’hôtel », ça fait quand même du monde sur la fiche d’intermittence à ne pas laisser crever de faim. Bref j’avoue j’étais parti hyper négatif, mais c’est bien foutu.

On aura donc droit pendant à peu près deux heures, au concert S&M de Metallica sans grosse faute de goût, de façon un peu scolaire par des musiciens un tout petit peu moins flamboyants que l’original (oui, le batteur est plus en place que Lars Ulrich, non il n’est pas beaucoup plus intéressant, non ça change hélas rien, pareil pour le bassiste qui fait quand même regretter même Jason Newsted,… Bref, on n’est pas loin… mais on reste en dessous… mais ça reste très digne).
Y’a juste One qui passe pas du tout - gros fouillis au milieu-, sinon le reste s’enchaîne crème et ça permet à tous ceux qui auraient bien aimé vivre l’original d’avoir un aperçu « en live » de la réalité du mélange « gros zorchestre/musique dite classique du Metal ». Après tout, si t’as 100 balles et que tu sais pas quoi en faire, c’est un loisir comme un autre. Il y a quelques petites additions au set original, donc ils ont un peu bossé le sujet et ça rend pas si mal comme re-visitation.

Bref pour un groupe de reprise c’est bien, dû au format de la prestation qui cherche à rester ambitieuse et propose un truc qui relève de l’expérience musicale plus que du pur groupe fan club. Pour la déco, derrière, on a un truc genre « vitraux d’église » imprimé sur toile qui «sanctifie » les membres actuels et passés du Met’ (sauf Mustaine, l’ange déchu du Metal, le grand Satan… Je rappelle quand même à nos amis russes que Mustaine a écrit certains des riffs de leur groupe préféré donc c’est vilain de le mettre au coin). Pas de projection, rien d’interactif, juste un grand drap coloré et fixe donc, mais le lighteux est aussi bon que le sondier donc on se laisse faire tranquille.
J’ai pas passé un mauvais moment. J’ai même eu quelques moments de franchement bien. Je ne sais pas si je l’aurais aussi bien vécu si j’avais payé la place avec mon quart de smic… c’est vos sous vous les mettez où vous voulez. On vous aura prévenus…
 
Critique : Thomas Enault
Date : 21/11/2018
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