Live Report

RHAPSODY OF FIRE - AVALANCH - Le Flow - Paris - 25/2/2019

 
Rhapsody of Fire est de retour et quoi qu’on pense du groupe, j’aurais tendance à dire que ça fait du bien de voir un groupe qui revient avec la niaque. Reprenons les faits, parfois un groupe marque la musique de son genre (ici, le Metal prog symphonique italien, oui on est dans une niche bien pointue mais justement) et au long d’une carrière subit des « aléas » de line up. Dans le cas de Rhapsody of Fire (et ses dérivés) il en est comme de Saxon ou Entombed : les parents sont séparés mais tout le monde veut garder le nom de famille. J’avoue que l’album de titres revisités « Legendary Years » d’un côté et le Luca Rhapsody old school avec presque tout le monde sauf le clavier (parce qu’il fait rien qu’à vouloir tout composer sans laisser son guitariste s’exprimer – le nom est tellement invendable que j’ose pas l’écrire sans faire de copier-coller, business is business mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué) m’avaient (des deux côtés) laissé un vrai goût de mauvaise séparation de gosses bouffis d’ego. Et oui, ça laisse peu de place à la musique de sans cesse répéter ses vieux titres juste pour payer les traites de la baraque. Et donc là, d’un coup, on se retrouve avec un nouvel album composé avec le nouveau chanteur et… Ca prend des risques en fait. Passer derrière Fabio Lione ne doit pas être le job le plus reposant du monde, avouons… Créer avec Alex Staropoli pas forcément le truc le plus fastoche non plus (cf. l’exode massif de tout le groupe au fil de son histoire avec tous les partants qui finissent ensemble).

Mais le résultat est là et le groupe n’a même pas attendu la sortie de l’album pour commencer à tourner les nouveaux morceaux sur scène. Et oui, d’un côté on aura joué la sécurité du old school et de l’autre le renouveau alors que le nom le vrai, c’est Alex qui l’a gardé. De là à le propulser gardien du feu sacré il n’y avait qu’un pas. Ce concert l’aura plus que partiellement démontré aux fans. Le groupe est en pleine forme, se pointe avec un répertoire de scène que le public connaît peu, pas voire mal (cause nouvel album attaqué dès le début du set). L’autre difficulté c’est qu’en plus, ce nouvel album n’hésite pas à bousculer les habitudes vocales des fans qui ont malgré les efforts de Giaccomo pour dépoussiérer tout ça sur la dernière tournée, toujours la voix et les habitudes de chant de Fabio Lione en tête. Pas facile de convaincre non ? Je vous l’avais dit, les mecs se sont volontairement mis en difficulté.

Et bien ça prend, et ça prend très bien. La salle est pleine, le concert était sold out dans un temps court, preuve que le groupe était attendu, au tournant et même dans les lignes droites. Et quand Giaccomo Voli attaque le premier single officiel du nouvel album (et deuxième titre du set) « The legend Goes On » le public est déjà dans sa poche. Le type est bluffant de charisme sympathique. Un peu comme si ton meilleur pote de Corregio (Italie) revenait bouffer à la maison après deux ans de tour du monde, tout sourire avec un million d’anecdotes à raconter. Constat : personne le connaît ce mec, et pourtant il a ce truc qui fait qu’on peut le croiser dans un couloir de péniche avec des cartons en fin de concert en train de ranger les invendus du merch’, chantant « Old the line » à la tierce parce que c’est ce que le bar diffuse en se disant « je connais ce mec cool » et en mettant deux secondes à réaliser que oui, tu le connais, il vient de se fader deux heures de concert il y a dix minutes… (Je précise que tout est vrai, ça s’invente pas, on peut être chanteur et filer un coup de main pour ranger, même si ça choquera sûrement beaucoup d’apprentis chanteurs indés qui s’imaginent que le micro est le truc le plus lourd qu’ils ont la possibilité de porter).

Giaccomo Voli a un pouvoir spécial (en plus de la voix capable de travailler sur quatre registres distincts de timbre), il est « super avenant ». Et ma grosse crainte de voir un truc aussi sérieux que le jeu (certes magnifiquement virtuose) de playmobil coincé de Luca Turilli s’est évanoui en deux morceaux. Puisqu’il paraît que dans tout divorce il faut prendre parti, j’ai choisi mon camp, même si en effet Patrice Gers et Fabio Lione sont des

musiciens admirables. Le concert aura empilé les classiques et permis de découvrir les nouvelles couleurs d’un groupe qui se fend d’un vrai renouveau sans changer d’identité et si vous aviez un doute… Révisez votre opinion en vrai, ça mérite d’aller vérifier en live.

Palme de la complicité absolue décernée à la version en français (ils traduisent le morceau dans toutes les langues des pays qu’ils visitent jusque là) de The Wind, The Rain and the Moon, exercice qui est périlleux car risque de transformer un morceau poignant en truc variété, bah non, avec l’accent et la voix du monsieur, ça reste tellement crédible que même en étant très sûr de ta sexualité, t’as l’impression d’être la meuf à qui il parle et t’en serais presque fier… Ca, c’est dit.

Je vous passe le premier groupe de première partie : Thornbridge que j’ai méchamment rebaptisé Hellolose (en dommage à Helloween) et vous recommande aussi le deuxième groupe de première partie : Avalanch, une formation espagnole avec chanteur bogoss un peu trop gomina à mon goût pour être honnête, mais capable de secouer une salle venue voir autre chose et dont les fans parlent encore après la fin du concert… à regarder de plus près.

Au final une bonne soirée. Il faut juste penser à ne regarder que deux groupes sur trois si vous optez pour une autre date de cette tournée.

Setlist

In Principio
Distant Sky
The Legend Goes On
Dargor, Shadowlord of the Black Mountain
The Courage to Forgive
March Against the Tyrant
Into the Legend
The March of the Swordmaster
Dawn of Victory
The Wind, the Rain and the Moon (French version)
Rain of Fury
Warrior Heart
Holy Thunderforce

Encore:
Reign of Terror
Flames of Revenge
Master of Peace
Land of Immortals
Emerald Sword
Custode di Pace
 
Critique : Thomas Enault
Date :
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