Live Report

ALICE COOPER - LA SEINE MUSICALE - PARIS - 20/9/2019

 
Vendredi 20 septembre direction Boulogne-Billancourt et plus précisément l'île Seguin pour me rendre pour la première fois à la Seine Musicale afin d'assister à la date "presque parisienne" de l'indéboulonnable monument du rock : Alice Cooper, pour sa tournée "Ol Black Eyes World Tour".

C'est Black Stone Cherry qui assure la première partie, un groupe américain de rock aux sonorités heavy, hard rock et south rock. Le talent est là, mais pour moi il y a un côté un peu réchauffé, je ne suis pas transportée, par moments le rythme et la voix sont entraînants, mais globalement cela sonne un peu cliché, et le jeu de scène est raccord. C'est sympa, mais il y a un aspect too much - en fait les musiciens en font à la fois trop et pas assez : trop de poses, trop de chansons qui en rappellent d'autres, trop de tentatives d'interactions vraiment poussives avec le public... Pour un résultat qui n'est pas très authentique. Et surtout, on sent bien que la salle est venue pour Mister Vincent Furnier et que Black Stone Cherry sert avant tout à faire patienter le public. Néanmoins cela peut valoir le coup de les réécouter sur album, ils sont peut-être davantage mis en valeur à écouter dans un autre contexte qu'en tant que première partie, les titres de leurs chansons sont franchement cool, et ils ne sont pas des débutants puisque leur setlist est répartie sur 6 albums, rien que ça ! Après 45 minutes et 9 titres, le groupe du Kentucky s'éclipse sous des applaudissements modérés.

Setlist :
1) Burnin'
2) Me and Mary Jane
3) Blind Man
4) In my blood
5) Blame it on the Boom Boom
6) White Trash Millionnaire
7) Lonely Train
8) Cheaper to drink alone
9) Family Tree

Mais c'est bien évidemment le seigneur du shock rock, ou hard rock théâtral, que la foule de tous âges est venue voir ce soir. Ce sera une troisième pour moi, après des concerts qui remontent déjà un peu, le Hellfest en 2010 et le Zénith en 2011, et comme ils m'ont laissé le souvenir de prestations enthousiasmantes et impeccables, j'espère être toujours emballée, malgré les 71 ans de la star. Déjà à l'ouverture du rideau, au son de "Feed my Frankenstein", je n'ai aucune déception au sujet du décor, qui fut installé relativement rapidement si l'on considère sa taille et sa complexité : un château horrifique sur plusieurs étages, avec des tourelles et des reliefs, un atout bien utile pour les petites personnes comme moi pour voir ce qui se passe sur scène quand les différents membres du groupe déambulaient et venaient se percher en hauteur. Parce que venir voir Alice Cooper, c'est toujours venir voir un show complet, pas seulement un concert, et niveau pantomime grand-guignol on est servis, avec force faux sang, déguisements de monstres ou de zombies, parodies de meurtres et de peine capitale... Alice Cooper change de costume de nombreuses fois, on voit défiler les pantalons en cuir, les tenues blanches, les chapeaux, mais aussi des tenues dignes de magasins de farces et attrapes qui font aussi tout le sel de ses mises en scène. Non seulement lui est toujours aussi charismatique et pêchu, mais il est aussi très bien entouré : les guitaristes Nita Strauss, Tommy Henriksen et Ryan Roxie, le bassiste Chuck Garric et le batteur Glen Sobel sont tous remarquables, ils en font des caisses mais sans que ce soit déplacé vu que cela correspond vraiment à l'ambiance grandiloquente du show. Les titres s'enchaînent, viennent en deuxième et troisième "No more Mr. Nice Guy" et "Bed of Nails", annonçant une setlist pleine de tubes.

Et effectivement avec 22 titres, issus de 12 albums, c'est une belle traversée de toute la discographie d'Alice Cooper que ce concert a offert - un concert qui par certains aspects avait des allures de rétrospective. Les albums "Billion Dollar Babies" et "Welcome to my Nightmare" ont été particulièrement représentés avec 4 titres pour chacun. Je retiens surtout l'ambiance générale de ce concert d'une heure et demie extrêmement dense, les déguisements improbables, les marionnettes (je dirais gonflables mais sans certitude) de Frankenstein repoussant, de bébé géant creepy comme il faut, les ballons, les faux billets jetés avec un canon à confettis, le joyeux bordel bon enfant, l'apparition d'une jeune femme semblant tirée des "Noces Funèbres" de Tim Burton, la scène du meurtre de Little Bettie sur "Dead Babies" qui bizarrement m'a fait froid dans le dos bien qu'elle ait été totalement exagérée comme tout le reste... Bref des moments de show bien rôdé, super pro, comme un parc d'attractions pour adultes nostalgiques jouant à se faire peur. Du côté du son, j'ai été moins servie je dois l'admettre. Il était globalement bon, surtout au niveau des guitares et de la basse, mais parfois le chant m'a vraiment fait saigner des oreilles...
La voix du seigneur Furnier n'est plus totalement ce qu'elle était, d'où certaines adaptations de chansons où les musiciens assuraient certaines parties à sa place, ou alors dans d'autres tonalités. Il a un peu fait son Jean-Michel À Vous aussi par moments en laissant le public chanter quand lui, clairement, ne pouvait plus atteindre certaines notes... J'ai mis plusieurs minutes avant de reconnaître "The Man behing the Mask" tant il y avait de faussetés alors que c'est une chanson que j'adore. Mais bon, finalement, avec le recul, je retiens surtout l'atmosphère globale du concert en tant que spectacle plutôt qu'en tant que performance vocale, même si j'ai connu Alice Cooper avec une voix plus parfaite, et pour 71 ans cet homme assure encore carrément - et même tout court en fait. Donc tant pis pour les fausses notes, et merci pour la tranche de fun gentiment gore saupoudrée de glam.

Setlist :
1) Feed my Frankenstein
2) No more Mr. Nice Guy
3) Bed of Nails
4) Raped and Freezin'
5) Fallen in Love
6) Muscle of Love
7) He's back (The Man behind the Mask)
8) I'm Eighteen
9) Billion Dollar Babies
10) Poison
11) Guitar Solo (Nita Strauss)
12) Roses on White Lace
13) My Stars
14) Devil's Food
15) Black Widow Jam
16) Steven
17) Dead Babies
18) I love the Dead
19) Escape
20) Teenage Frankenstein

Rappel :
21) Under my Wheels
22) School's out
 
Critique : Elise Diederich
Date : 20/9/2019
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